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Parcours hellénique - La caverne de Platon revisitée par Heidegger



LA CAVERNE DE PLATON REVISITÉE PAR HEIDEGGER
Extraits de l’article de Jean Pierre Faye ENS Dakar intitulé « L'oubli de l'être
 dans la métaphysique de Platon selon Heidegger »
 

LIMINAIRE
 
Chez Platon et Aristote, contrairement aux premiers grecs, l’ÊTRE se trouva conçu à la manière d’un étant et identifié à une ou plusieurs déterminations, par exemple l’ÊTRE est « idée » chez Platon et « substance » chez Aristote.
C’est à la lumière du seul mythe de la caverne (République, VII), que Heidegger va étudier la théorie platonicienne de l’être et de la vérité.
 
RÉSUMÉ DU MYTHE
 
Socrate imagine des êtres enchaînés dans une caverne de manière à voir seulement le fond de celle-ci. Ils ont toujours vécu ainsi et n’ont jamais perçu de ce qui se passe plus haut, près de l’entrée, que des ombres projetées et des bruits renvoyé par le mur situé au fond. Et pour eux la « réalité », ou plus exactement leur conscience de la réalité, se réduit à ces ombres bougeant sur le mur et des bruits qui les accompagnent.
Le personnage de Socrate imagine ensuite que l’un des prisonniers est arraché à sa captivité pour être amené à la surface. Celui-ci commence par se sentir « agressé » par ce nouveau milieu dont il ne peut immédiatement percevoir les éléments du fait d‘une trop forte luminosité (éblouissement). Il s’y accoutume ensuite, et prend conscience du soleil, des saisons et des choses. Et s’étant habitué à cette nouvelle perception « plus adéquate », il comprend mieux ce qu’il voyait en captivité. Il n’envie plus son univers souterrain et le système de distinction de ses anciens compagnons, honorant le  plus habile ou le plus vif à saisir ou à prévoir le passage des ombres. Il préférera un petit rôle dans ce  nouveau milieu, plutôt que de retourner « à ses anciennes illusions ». Et s’il y revenait, d’abord déshabitué de l’obscurité, ses compagnons penseraient que sa vue s’est dégradée, et qu’il ne faut surtout pas sortir…
 
INTERPRÉTATION DU MYTHE
 
Correspondance entre être et pensée
Socrate, en bon pédagogue qu'il est, y explique à Glaucon la tâche dévolue à ce singulier prisonnier, celui qui a pu sortir, pour un temps du moins, de la caverne et qui, une fois qu'il a contemplé les idées, et, par-dessus tout, l'idée du Bien, s'en est ouvert, à son retour, à ses compagnons. Il aura mission de leur enseigner à distinguer la vérité de l'illusion (cette sorte d'affirmation irréfléchie – par conséquent sans jugement justificatif– et qui, ici, porte sur les ombres de la caverne). Mais il devra aussi leur apprendre la vérité du seul et unique point de vue de son essence.
Car, pour Platon, la vérité est ce qui, au départ occulté, voilé, dissimulé ou en retrait (selon les traductions), s'offre finalement au travail de dévoilement (alèthéia) auquel s'attelle notre prisonnier lors de son ascension hors de la caverne. Le dévoilé (to alèthestaton)se trouve dès lors reconnu, identifié, c'est ce qui est perçu dans la représentation (l’éidos) dans sa mise en opposition avec les réalités de la caverne. On n'en fait plus mystère. Et ce prisonnier platonicien, une fois arrivé au terme de son ascension, se sentira délivré, bien qu'avec peine au début – parce qu’ébloui –, de ses illusions. La vérité de l'être, dans la métaphore du soleil et selon l'interprétation de Heidegger, c'est l'Être lui-même – le Bien suprême.
Il y a, désormais reprise ici par Platon, bien qu'a posteriori, cette correspondance entre être et pensée qu'évoque Parménide dans le De natura :
Le fait de penser et la pensée que nous avons de la chose sont identiques, car tu ne trouveras pas le fait de penser en dehors de l'existant sur lequel on se prononce: car il n‘y a et il n’y aura jamais à exister que l'existant (Fragm 8,34).
Autrement dit, le fait de penser constitue une représentation exacte de la réalité de l'être; et, du point de vue des Grecs d’avant Platon, la dualité de l'être et de la pensée, de l'existence et de l’essence n'existait pas (puisque la pensée révèle l'existence des choses), encore moins l'opposition entre le sujet et l'objet.
 
ARGUMENTATION D’HEIDEGGER
 
Objectivation de l’alètheia
Dans son Nietzsche, tome l, au Chapitre intitulé La métaphysique en tant qu'histoire de I'Être, Heidegger note à propos de Platon: [...] cette mutation de la vérité passant de la justesse de l'énoncé conceptuel à la certitude du représenté, est elle aussi prédéterminée par l'essence de l'être en tant que réalité. Et, un an plus tard (1947), dans La doctrine de Platon sur la vérité, l'on trouve, entre autres précisions supplémentaires, celle-ci : Ainsi le non-voilé est-il compris par avance et d'une manière unique comme ce que nous percevons en percevant l'éidos, comme ce qui est connu dans le connaître. Qu'est-ce à dire? Qu'aux yeux de Heidegger, après l’alètheia, c'est-à-dire le dévoilement de la vérité conduisant ainsi à l'arrivée de sa présence effective, il s'en.est suivi, dans la doctrine de Platon, une déformation de celle-ci dans' le monde des apparences. La mutation de l'essence de la vérité rattache celle-ci à une réalité aux contours objectivement définis et déterminés. Elle donne le signal des transformations et des transpositions de l'être de l'étant. Celui-ci.est appelé derechef à accomplir son essence à titre de réalité, puisqu'il est désormais visible. C’est ainsi que sera appelée vraie toute chose s'accordant avec sa représentation.
Ainsi Heidegger reproche-t-il à Platon d'avoir confondu l’éidos (ce qui est perçu dans la représentation) avec l'alèthéia, la chose dévoilée (c'est-à-dire arrachée de son retrait) avec l'activité du non-voilement, autrement dit, l'étant (to on) avec l'être (ousia) auquel l'étant en viendra à se confondre pour, en définitive, se reconnaître en lui. Platon fonde sa doctrine de l'être en tant qu'idéa à partir de sa définition de la vérité comme adéquation (omoïosis). Le non-voilement (Unverborgenheit dans le langage heideggerien) qui est l'essence de la vérité (de l'être) serait, par ce fait même, abandonné par Platon, puisqu'il est achevé. Car, la détermination de l'être, une fois que s'achève le dévoilement, se nomme désormais la réalité (Wirklichkeit, selon le mot de Heidegger). Or, cette réalité sera à son tour déterminée elle-même, et, ce, esthétiquement comme objet de l'agir marqué du sceau de l'efficacité. Ainsi la vérité appartiendra-t-elle à l'opacité du réel, dès l'instant où elle est dévoilée et rendue à la transparence du jour.
Donc, qu'elle finisse par se transformer plus tard en s'éclatant en des figures concrètes – selon l'interprétation de Heidegger –, c'est-à-dire historiques parce que tributaires de l'homo habilis ne doit pas nous étonner : ce sont les idoles (éidolon), de simples constructions arrachées au suprasensible, des idées au sens des étants en tant que réalités effectives.
L'être au sens de l'essentia en vient alors à se reconnaître dans le réel, il devient vérité-réalité,
Dasein, car, selon Heidegger, Réalité=Dasein=Existence. La dialectique de Platon conduit ainsi à l'objectivation de l’alèthèia, puisque, par la pensée et le langage, l'homme finit par imposer sa souveraineté sur ce qui est (le sensible), et, en même temps, sur le simplement possible (idéa). La conquête de l'Absolu, désormais théoriquement accessible, devient la marque de la civilisation occidentale dans le commentaire de Heidegger.
 
LES IMPLICATIONS SUR LA MÉTAPHYSIQUE
 
Ce faisant, et toujours selon le commentaire de Heidegger, la métaphysique se fait oublieuse de la question conductrice initiale, à savoir celle-ci :
        Qu'est-ce que l’ÊTRE (ti tô on) ? Oubliant l’ÊTRE, on en vient à parler de l'étant, sans que l'on ait au préalable procédé à la conversion des termes adéquats, puisque c'est par eux seuls que se pourrait fonder un savoir, quel qu'il puisse être :l’ÊTRE de l'étant réside dans la réalité. En visant l’ÊTRE, on rencontre l'étant, parce que l'être a fini par s'identifier avec l'étant, parce qu'on en a fait une réalité adéquate, quelque chose se manifestant dans l'ordre du sensible. L'étant, l’existentia latine pour ce qui est du Dasein. renvoie, dans le commentaire heideggerien, à la figure historique de l’ÊTRE l'Être, de cet être désormais limité, circonscrit dans ses contours intramondains, quoique, malgré les concepts par lesquels l'on fait l'effort d'en appréhender l'essence, il continue de s'apparenter à lui-même, car il se tient en retrait de toute définition.
Une telle interprétation nous fait penser à cette définition discriminatoire de la métaphysique, à savoir [...] l'interrogation qui dépasse l'existant sur lequel elle questionne afin de le recouvrer comme tel et dans son ensemble pour en actuer le concept.
Parce que cette actuation du concept, c'est-à-dire la transformation captive de l’ÊTRE, a eu lieu dans le mécanisme du langage,– la métaphysique est devenue, depuis Platon et Aristote, oublieuse de l'être.
Par conséquent, nous ne devons pas nous laisser abuser par le changement de terminologie qu'un philosophe aura pu faire par rapport à ceux qui l'ont précédé. Heidegger l'a bien montré, toujours à propos de Platon et d'Aristote :
Aristote a fait descendre de leur lieu supraterrestre les idées flottant librement pour les transplanter dans les choses réelles. De la sorte, Aristote a repensé les idées pour les convertir en des formes et ces formes, il les a conçues en tant qu’énergie et forces qui logent dans l'étant" ; l'être de l'étant réside dans la réalité.
 
LE RAPPORT DE L’ÊTRE À l’ÉTANT SELON HEIDEGGER
 
L’existant fondé par l’ÊTRE et le révélant
C’est ce paradigme qui reste à explorer. Il s'agira manifestement de nous situer dans l'intervalle que le philosophe a pu tracer et fixer à cette occasion pour sa propre interprétation du destin de la métaphysique.
Cependant, une telle interprétation reste elle-même tributaire de l'angle sous lequel Heidegger se donne, et ce, librement, la tâche de s'expliquer avec Nietzsche.
La particularité qu'il trouve au nietzschéisme en tant que position (thèsis) philosophique à l'intérieur de la métaphysique dépend de ce que lui-même il entend par ce terme de métaphysique : dans « Le mot de Nietzsche, Dieu est mort », objet d’une conférence de 1943, il est écrit ceci : Le terme de métaphysique sera partout pensé [...] comme la vérité de l'étant comme tel et dans sa totalité. Qu'est-ce que l'étant, et par rapport à quoi ce qui est, est-il nommé étant? De l'étant, nous disons qu'il est ce qui est, mais que nous ne pouvons appréhender autrement que comme réalité, sur l'unique mode de l'apparaître.
Mais, qu'on se le donne pour dit, l’étant n'a aucun sens intrinsèque. Celui qu'il est susceptible de recouvrer s'inscrit en profondeur dans un projet, lequel projet désigne la totalité des étants, dans leur essentia, c'est-à-dire dans ce en tant que quoi quelque chose […] peut être, ce qui le rend possible en tant qu’un tel : la possibilité.
Heidegger distingue, selon une certaine procédure de conceptualisation, par exemple l'arbre en tant qu’essentia, l'arbre en tant qu'arbre, c'est-à-dire dans son arboréité qui ne saurait être comprise autrement que comme ousia,que comme génos (genre et origine) de l'arbre en tant qu'existentia, autrement dit de l'être revêtu de ses attributs singuliers que la nature a bien voulu lui donner en tant que sa distinction propre et unique, disons de l'arbre en tant que réalité sensible. Alors, qu'en est-il du projet, si tant est qu'il caractérise le Dasein ? Le projet concernant l'étant dépasse la simple existence de l'étant, il s'origine dans l'être. À ce propos, le questionnement heideggerien se développe et se donne à comprendre dans le territoire métaphysique délimité par deux pôles, celui de l’être et celui de l'étant ou de l’existant. C'est de l’être que l'existant reçoit toute signification, puisque toute signification se détermine à partir de la vérité au sens d'une valeur à laquelle, dès lors, toute chose devra se mesurer. Car, à partir de Platon, il n’y a de vérité que dans la seule et unique fidélité à ce principe. Comme essence de l’être, la vérité devient chez Platon une affaire d'exactitude (orthotès) du regard, et dans le langage. C'est ainsi que le Dasein se reconnaît en tant que figure historique dans laquelle se dévoile indéfiniment, mais en cela aussi, récursivement (puisque selon Heidegger la métaphysique arrive à son terme aux Temps modernes), la vérité de l'être, en sorte que, dans la perspective du commentaire heideggerien, l'existant devienne l'unique révélation possible de l'être : l'être [dit Heidegger] ne se présente jamais sans l'existant. Ainsi, le rapport de l'être à l'existant est par cela même continu :
        l'être fonde l'existant,
        mais c'est l'existant qui révèle l'être.
Dire l'existant suppose donc la transparence de l'être – Heidegger dit: son non-voilement. C'est aussi avoir comme souci son actuation au monde.
 
RETOUR SUR L’ALLÉGORIE DE LA CAVERNE
 
Heidegger insiste tout particulièrement sur la signification platonicienne du concept de vérité. En tant qu'elle appartient au suprasensible, mais parce qu'elle est représentée dans le monde sensible, la vérité relève, pour cela aussi, de l'existant (ou de l'étant). Celui-ci est tout de même marqué du sceau de la finitude, en ce sens qu'il ne se rapporte jamais à la représentation totale de la vérité, à son dévoilement maximal, puisque la vérité est déformée dans le monde des ombres. En fait, la métaphysique de Platon dénie toute vérité au monde (celui du sensible) : le monde doit être le lieu de l'absence de la vérité.
C'est pourquoi chez Heidegger, comme avant lui chez Nietzsche à propos du nihilisme, le concept de l’Absence sera compris comme une autre manière de nommer le Néant, particulièrement dans son étape onto-théologique elle-même d'essence chrétienne. Chez ces deux penseurs, le Néant désigne Dieu : quand Nietzsche parle de la volonté de Néant (Généalogie de la morale, troisième dissertation, §28), il entend par-là la volonté qui affirme Dieu – celui du monothéisme – afin de combler le non-sens de l'existence. Heidegger de son côté comprend le terme de néant au sens de Summum ens, autrement dit de Dieu comme ens increatum.
Dans son analyse, Heidegger montre que l'interrogation métaphysique est fondée sur une erreur, puisqu'en ayant privilégié l'être en tant qu’eidos comme source fondatrice de tout sens au détriment de l'étant, l'auteur de La République (Livre VII) aurait, du coup, exclu le jeu des interférences possibles entre le suprasensible et le sensible : le dévoilement de la vérité s'v étant fait d'une manière unilatérale.
De plus, et une fois que la vérité comme non-voilement, comme alèthéia s'estompe en venant s'épuiser dans l'essence de l’eidos, alors, l'établissement d'une correspondance d'un tel eidos avec ses formes historiques visibles, c'est-à-dire avec le monde des étants ne fait que traduire, en ce lieu même (la terre), une interprétation faussée au départ. Car, si le monde des idées est celui des réalités visibles, alors, la science de la Dialectique, telle qu'elle est établie dans les Dialogues de Platon, sera tout entière axée sur l'effort de déterminer la vérité comme adaequatio rei et intellectus.
Commence alors, cela va de soi, la correspondance entre l'être et l'étant, du fait que l'être tend vers sa propre concrétion qui est originairement une caractéristique de l'étant. Or, ne sachant pas ce qu'est l'être – Heidegger dit qu'il est indéfinissable –,tout en cherchant vaille que vaille à en restituer l'éclat, l'on finit par le confondre avec la représentation que l'on a pu en avoir et en donner. Un tel égarement de la part de Platon est ce que Heidegger appelle l'oubli de l’être.
 
Avec l'intermède de la foi chrétienne (l'onto-théologie, notamment au Moyen Âge) du fait de son dogme sotériologique, l'Être sera représenté par Dieu comme esprit infiniment parfait et impossible à faire correspondre avec un quelconque étant particulier. Cela, Heidegger l'interprète dans le sens du ralentissement de la perversion métaphysique de l'être. L'argument, selon lui, est que le Dieu judéo-chrétien, qui est un Dieu créateur, y remplace l'idée aristotélicienne de l'être, rompant ainsi avec une conception de l'unité de l'être et de la multiplicité des étants qui deviennent, à leur tour, de simples créatures sous la dépendance de Dieu (l'Etre premier). Celui-ci existe à part soi; et il s'affirme dans sa différence irréductible avec ses créatures.
 
Qu’en conclure pour l’homme d’aujourd’hui
On peut en conclure que la perception de n’importe quel niveau de vérité suppose d’abord une adaptation de l’homme tout entier à la lumière particulière de ce niveau. Que celui-ci s’abaisse ou s’élève, nous ne saisirons le type de vérité qu’il nous offre, que si nous organisons tout notre être en fonction de lui. C’est ce que symbolise le fait que, pour passer de la lumière à l’obscurité ou l’inverse, l’homme d’abord aveuglé doit, par un effort auquel contribue tout son corps, ajuster son organe visuel aux variations des conditions objectives.
La signification essentielle du mythe de la caverne est donc, en premier lieu, de nous enseigner que non seulement il y a plusieurs niveaux de vérité, mais encore que la vue de chacun exige une conversion qui intéresse la totalité de notre être. Voilà pourquoi Platon rend la découverte de la vérité, à quelque stade qu’elle se situe, inséparable d’une «  paideia » (éducation). Mais la possibilité d’une « paideia » implique à son tour que l’homme est susceptible de s’ouvrir à ce qui auparavant lui était fermé, ou encore que les modes d’ouverture du Dasein sont susceptibles de se modifier. « Or, qui se dévoile aux yeux de l’homme et la manière dont cela se dévoile ne sont pas invariables ». In fine, le caractère d’être dévoilé c’est l’« alètheia », terme que l’on traduit par « vérité ». Ainsi perçoit-on mieux maintenant, la liaison qu’entretient l’« alètheia » (la vérité établie), avec la « paideia » (la formation en vue de l’obtenir). 
 





Date de création : 04/01/2015 @ 14:04
Dernière modification : 04/01/2015 @ 14:09
Catégorie : Parcours hellénique
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