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Parcours lévinassien - Totalité et Infini

SOMMAIRE

INTRODUCTION

Mode de présentation par mots-clés

Thème général de TOTALITÉ ET INFINI

Comment Totalité et Infini fut-il accueilli en son temps ?

LE MEME ET L’AUTRE (Section I)

 Remarque particulière à cette Section I 

Thème général

 Les quinze mots-clés de rang 1 

Les 119 mots-clés de rang 2 

Index alphabétique

INTÉRIORITÉ ET ÉCONOMIE (Section II)

 Thème général 

Les cinq mots-clés de rang 1    

Les 105 mots-clés de rang 2 

Index alphabétique Synthèse

LE VISAGE ET L’EXTÉRIORITÉ (Section III)

 Thème général 

Les cinq mots-clés de rang 1

 Les 91 mots-clés de rang 2 

Index alphabétique Synthèse

AU-DELA DU VISAGE (Section IV)

 Thème général 

Les neuf mots-clés de rang 1  

Les 72 mots-clés de rang 2 

Index alphabétique Synthèse

Prolongements de TOTALITÉ ET INFINI

INTRODUCTION

La présentation de TOTALITÉ ET INFINI d’Emmanuel Lévinas sous forme de mots-clés a pour objectif principal d’en faciliter l’accès aux internautes.

Comme l’auteur a eu l’occasion de le souligner lui-même, les différentes sections de cette œuvre ne présentent pas le même caractère. La première constitue comme un premier exposé de sa philosophie ; c’est un tout en elle-même, étant entendu que son contenu fera l’objet de développements plus ambitieux dans les sections suivantes. C’est la raison pour laquelle nous avons choisi de la traiter en premier lieu, étant entendu que les mots-clés saisis à son propos, avec les enseignements correspondants, pourront se trouver enrichis en deuxième instance.

La manière dont Lévinas a procédé pour tout assembler est éclairante à plus d’un titre ; nous en devons la confidence à son fils Michaël. En effet, avant de constituer la thèse de doctorat de son père, défendue à la Sorbonne en 1961, le manuscrit avait connu bien des péripéties. Ce livre apprend-on « manqua être déchiré. Totalité et Infini, élaboration de plusieurs conférences, de plusieurs travaux, de plusieurs accidents, a été commencé dans une petite maison à Evian en 1955…Le manuscrit a été refusé chez Gallimard par un homme tout à fait important, Brice Parain, qui téléphona un jour en disant : ‘Mauvaise nouvelle’. Ce jour-là, on a retiré le livre des mains de mon père qui voulait vraiment le couper en morceaux. Puis le père Van Breda est venu, a repris l’ouvrage pour le publier. C’est alors qu’un beau matin, Jean Wahl a téléphoné pour dire : ‘Arrêtez tout de suite l’édition, il faut la soutenir en thèse’. »

Mode de présentation par mots-clés.

Dans la suite de cette recherche, l’internaute disposera de deux plans de lecture.

Le premier est conforme au déroulement de l’œuvre tel que figuré dans une « Table des Matières ». Il comporte un certain nombre de mots-clés de « rang 1 » qui diffèrent peu des têtes de chapitre d’Emmanuel Lévinas.

Le second plan de lecture, celui des mots-clés de rang 2, correspond à une recherche plus parcellaire, au niveau des concepts développés par l’auteur et qui peuvent être atteints directement par l’index alphabétique qui fait suite à la « Table des Matières » et dont il est directement issu. Chaque Section de l’œuvre comporte sa « Table » et son « Index », option qui, selon nous, permet de respecter plus aisément le développement de la pensée de l’auteur. Il restera à l’internaute à faire, s’il le désire, le rapprochement des différents mots-clés dans leurs différentes localisations.

Thème général de TOTALITÉ ET INFINI

Les intentions de l’auteur figurent en bonne place, dans la Préface : « L’opposition à l’idée de totalité, nous a frappé dans L’Etoile de la Rédemption de Franz Rosenzweig, trop souvent présent dans ce livre pour être cité.

Mais la présentation et le développement des notions employées, doivent tout à la méthode phénoménologique. L’analyse intentionnelle est la recherche du concret. La notion, prise sous le regard direct de la pensée qui la définit, se révèle cependant implantée, à l’insu de cette pensée naïve, dans des horizons insoupçonnés par cette pensée ; ces horizons lui prêtent un sens ─ voilà l’enseignement essentiel de Husserl. Qu’importe si dans la phénoménologie husserlienne, prise à la lettre, ces horizons insoupçonnés s’interprètent à leur tour, comme pensées visant des

objets ! Ce qui compte, c’est l’idée du débordement de la pensée objectivante par une expérience oubliée dont elle vit. »

De son projet philosophique, Emmanuel Lévinas, ne tarde pas à nous entretenir :

 « Entre une philosophie de la transcendance qui situe ailleurs la vie [1], et une philosophie de l’immanence où l’on se saisirait véritablement de l’être[2], nous nous proposons de décrire, dans le déroulement de l’existence terrestre, de l’existence économique comme nous l’appelons, une relation avec l’Autre, qui n’aboutit pas à une totalité divine ou humaine, une relation qui n’est pas une totalisation de l’histoire, mais l’idée de l’infini. Une telle relation est la méta- physique même. L’histoire ne serait pas le plan privilégié où se manifeste l’être dégagé du particularisme des points de vue dont la réflexion porterait encore la tare. Si elle prétend intégrer moi et l’autre dans un esprit impersonnel, cette prétendue intégration est cruauté et injustice, c’est-à-dire ignore Autrui. L’histoire, rapport entre hommes, ignore une position du Moi envers l’Autre où l’Autre demeure transcendant par rapport à moi. Si je ne suis pas extérieur à l’histoire par moi-même, je trouve en autrui un point, par rapport à l’histoire, absolu ; non pas en fusionnant avec autrui, mais en parlant avec lui. L’histoire est travaillée par les ruptures de l’histoire où un jugement se porte sur elle. Quand l’homme aborde vraiment Autrui, il est arraché à l’histoire. »

Il y a par ailleurs, une notion récurrente qui fait l’objet de nombreux développements et que Lévinas a pris le soin de nous enseigner, dès le début, pour éviter toute fausse interprétation : c’est celle du visage.

« La notion du visage, à laquelle nous allons avoir recours dans tout cet ouvrage, ouvre d’autres perspectives : elle nous conduit vers une notion indépendante de mon initiative et de mon pouvoir. Elle signifie l’antériorité philosophique de l’étant sur l’être, une extériorité qui n’en appelle pas au pouvoir ni à la possession, une extériorité qui ne se réduit pas, comme chez Platon, à l’intériorité du souvenir, et qui, cependant, sauvegarde le moi qui l’accueille. Elle permet enfin de décrire la notion de l’immédiat. La philosophie de l’immédiat ne se réalise ni dans l’idéalisme berkeleyen, ni dans l’ontologie moderne. Dire que l’étant ne se dévoile pas dans l’ouverture de l’être, c’est dire que nous ne sommes jamais avec l’étant comme tel, directement. L’immédiat est l’interprétation et, si l’on peut dire l’impératif du langage. L’idée du contact ne représente pas le mode originel de l’immédiat. Le contact est déjà thématisation et référence à un horizon. L’immédiat, c’est le face à face. »

Comment Totalité et Infini fut-il accueilli en son temps ?

Salomon Malka, dans une biographie parue récemment, rapporte que « Totalité et Infini parut en 1963, salué notamment par un long article élogieux de Jean Lacroix dans son feuilleton du Monde. Lacroix y écrivait notamment : ‘L’impression d’étrangeté et de dépaysement, littéralement d’admiration qu’on éprouve en lisant cette œuvre, vient sans doute de son caractère à la fois moderne et traditionnel. Tout un courant religieux partout présent comme inspiration, mais jamais dévoilé en lui-même, la réflexion carté- sienne et la réflexion kantienne y sont saisis en leur centre et traduits en termes d’existence. Le brillant de l’existence, qui risquerait parfois de lasser comme un cliquetis de mots, est toujours soutenu, animé par la double passion de l’homme et du transcendant. Cette philosophie a un style, si le style est la parfaite adéquation du fond et de la forme’. »

LE MÊME ET L’AUTRE

Remarque particulière à cette Section I

Qualifiée d’‘inconfortable’ par Emmanuel Lévinas lui-même, cette première section a fait l’objet, dans sa Préface, d’une remarque particulière qui met en évidence sa complexité mais qui veut surtout indiquer l’importance qu’elle revêt au regard de sa philosophie tout entière :

« Il apparaîtra aux yeux du lecteur, si naturellement indifférent aux péripéties de cette chasse, comme un maquis de difficultés où rien ne garantit le gibier. On voudrait au moins l’inviter à ne pas se laisser rebuter par l’aridité de certains sentiers, par l’inconfort de la première section, dont il faut souligner le caractère préparatoire, mais où se dessine l’horizon de toutes ces recherches ».

Il convient, dès lors, de resituer cette Section dans le cadre de l’œuvre complète en prenant connaissance du thème général tel qu’Emmanuel Lévinas l’a indiqué.

Thème général de LE MÊME ET L’AUTRE

 (Section I)

Le thème général qui se dégage de cette Section concerne tout spécialement le rôle que joue l’Autre dans la révélation du Même. Le rapport de vérité qui s’établit entre le Même et l’Autre repose sur le langage :

« Affirmer la vérité comme modalité de la relation entre le Même et l’Autre, ne revient pas à s’opposer à l’intellectualisme, mais à en assurer l’aspiration fondamentale, le respect de l’être illuminant l’intellect. L’originalité de la séparation nous a paru consister dans l’autonomie de l’être séparé. Et, de ce fait, dans la connaissance ou plus exactement dans sa prétention, le connaissant, ne participe ni ne s’unit à l’être connu. La relation de vérité comporte ainsi une dimension d’intériorité ─ un psychisme où le métaphysicien, en rapport avec le Métaphysique, se tient retranché. Mais nous avons aussi indiqué que ce rapport de vérité qui, à la fois, franchit et ne franchit pas la distance ─ ne forme pas de totalité avec « l’autre rive » ─ repose sur le langage : relation où les termes s’absolvent de la relation ─ demeurent absolus dans la relation. Sans cette absolution, la distance absolue de la métaphysique serait illusoire. »

Très concrètement, l’effort de Lévinas consiste à maintenir, dans la communauté anonyme, la société de Moi avec Autrui :

« L’effort de l’œuvre tend à apercevoir dans le discours, une relation non allergique avec l’altérité, à y apercevoir le Désir - ou le pouvoir, par essence, meurtrier de l’Autre, devient en face de l’Autre et « contre tout bon sens », impossibilité du meurtre, considération de l’Autre, donc justice. Cet effort consiste concrètement, à maintenir, dans la communauté anonyme, la société de Moi avec Autrui - langage et bonté. Cette relation n’est pas pré-philosophique, car elle ne violente pas le moi, ne lui est pas imposée brutalement du dehors, malgré lui, ou à son insu comme une opinion, plus exactement elle lui est imposée, par-delà toute violence, d’une violence qui met ce moi entièrement en question. La relation avec un être infiniment distant - c’est-à-dire débordant son idée - est telle que son autorité d’étant est déjà invoquée dans toute question que nous puissions nous poser sur la signification de son être. On ne s’interroge pas sur lui, on l’interroge. Il fait toujours face. »

« La relation entre le Même et l’Autre, ne se ramène pas toujours à la connaissance de l’Autre par le Même, ni même la révélation de l’Autre au Même, déjà foncièrement différente du dévoilement. En elle se consomme l’idée de l’infini ».

Remarque pratique : dans tout ce qui va suivre la pagination est indiquée en caractères gras ; la numérotation des lignes apparaît en caractères non gras.

LES QUINZE MOTS-CLÉS DE RANG 1

MÉTAPHYSIQUE

(21-26)

« ‘La vraie vie est absente’. Mais nous sommes au monde. La métaphysique surgit et se maintient dans cet alibi. »

TRANSCENDANCE

(26-32)

« L’irréductibilité à un jeu intérieur de la métaphysique, de ce mouvement qui va d’un monde qui nous est familier vers un hors-de-soi étranger, est prétendu, sinon démontré par le mot transcendant. »

ONTOLOGIE

(32-39)

« A la théorie, comme intelligence des êtres, convient le titre général d’ontologie. »

IDÉE DE L’INFINI

(39-44)

« La relation du Même à l’Autre, sans que la transcendance de la relation coupe les liens qu’implique la relation, mais sans que ces liens unissent le Même à l’Autre en un Tout, est fixée, en effet, dans la situation décrite par Descartes où le ‘je pense’ entretient une relation avec l’Infini ; cette relation, appelée ‘idée de l’infini’, le ‘cogito’ ne peut aucunement la contenir et il en est séparé. »

ATHÉISME ou VOLONTÉ

(45-53)

« On peut appeler athéisme (ou volonté) cette séparation si complète que l’être séparé se maintient tout seul dans l’existence sans participer à l’Etre dont il est séparé. »

VÉRITÉ (1)

(54-58)

« La vie intérieure, le Moi, la séparation sont le déracinement même, la non-participation et par conséquent, la possibilité ambivalente de l’erreur et de la vérité. »

DISCOURS

(59-66)

« Le discours n’est pas simplement une modification de l’intuition (ou de la pensée), mais une relation originelle avec l’être. Il est la production de sens. »

RHÉTORIQUE

(66-69)

« La rhétorique qui n’est absente d’aucun discours (et que le dis- cours philosophique cherche à dépasser) y amène inconsidéré- ment pédagogie, démagogie, psychagogie. »

ÉTHIQUE

(69-75)

« Le langage, loin de supposer universalité et généralité, ne fait que les rendre possibles. Leur commerce n’est pas la représentation de l’un par l’autre, ni une participation à l’universalité, au plan commun du langage. Leur commerce, disons-le est éthique. »

HUMAIN (L’)

(75-78)

« Ce sont nos relations avec les hommes qui décrivent un champ de recherches à peine entrevu [3] et qui donnent aux concepts théologiques l’unique signification qu’ils comportent. »

FACE A FACE (LE)

(78-79)

« Le Même et l’Autre ne sauraient entrer dans une connaissance qui les embrasserait. La synthèse formelle du mot qui les associe fait déjà partie d’un discours, c’est-à-dire d’une conjoncture de transcendance rompant la totalité : c’est l’accueil de front et de face de l’Autre par moi. »

LIBERTÉ

(80-83)

« C’est l’accueil d’Autrui, le commencement de la conscience morale, qui met en question ma liberté. »

CRITIQUE

(ou investiture de la liberté)

(83-89)

« Si la philosophie consiste à savoir d’une façon critique, c’est-à-dire à chercher un fondement à sa liberté, à la justifier, elle commence avec la conscience morale où l’Autre se présente comme Autrui et où le mouvement de la thématisation s’inverse. »

VÉRITÉ (2)

(90-104)

« L’extériorité coïncide avec une maîtrise. Ma liberté est ainsi mise en cause par un Maître qui peut l’investir. Dès lors, la vérité, exercice souverain de la liberté, devient possible ».

ÊTRE (L’)

(105-108)

« Le Même et l’Autre à la fois se tiennent en rapport et s’absolvent de ce rapport, demeurant absolument séparés. L’idée de l’Infini demande cette séparation. Elle fut posée comme la structure ultime de l’être, comme la production de son infinitude même. La société l’accomplit concrètement. »

LES 124 MOTS-CLÉS DE RANG 2

TABLE DES MATIERES

 Mots-clés

 Pages Kluwer Poche (essais 4120) 08/2001

 Chapitres

Métaphysique (horizon de la)

21 (1 à 21)

Métaphysique

Désir (comme besoin)

22(1à 6 + 12 à 17)

Métaphysique

Désir métaphysique

22( 7à 12 + 20 à 24)

Métaphysique

Désir (jamais satisfait)

22(17 à 24) + 23(11 à 21)

Métaphysique

Désir (démesuré)

22(38) + 23(1à 5)

Métaphysique

Désir (essence de la théorie)

32(14 à 20)

Métaphysique

Métaphy. (dimension de la)

23(27 à 34) + 24(1 à 3)

Métaphysique

Transcendance (contenu de la )

24(9 à 18)

Transcendance

Moi (le)

25 (9 à 29)

Transcendance

Le Même et le Moi

26(13 à 38) + 27(1 à 12)

Transcendance

Même (identification du)

27(12 à 29)

Transcendance

Autre (l’)

27(30 à 38) + 28 (1 à 19)

Transcendance

Autre (l’absolument)

28(20 à 33)

Transcendance

Altérité (conditions de l’)

29(6 à 38)

Transcendance

Le Même et l’Autre

30(1 à 14)

Transcendance

Transcendance (mouvement de)

30(21 à 34)

Transcendance

Altérité (d’un monde refusé)

30(35) + 31(1 à 11)

Transcendance

Altérité métaphysique

31(14 à 33) + 32(1à 13)

Transcendance

Théorie

32(20 à 35) + 33(1 à 5)

Ontologie

Théorie (nouvelle voie de la)

33(6 à 11)

Ontologie

Théorie (intention critique.. )

33(11 à 22)

Ontologie

Ethique

33(22 à 36)

Ontologie

Raison (au sein du Même)

34(3 à 16)

Ontologie

Connaître ontologiquement

34(16 à 25)

Ontologie

Ontologie (œuvre pour l’être

34(37 et 38) + 35(1 à 6)

Ontologie

Priorité (de l’être par rapport à l’étant) ?

36(11 à 23)

Ontologie

Ontologie d’Heidegger (1)

36(23 à 33)

Ontologie

Liberté (autarcie d’un moi)

36(34 et 35) + 37(1 à 4)

Ontologie

Possession (phi.de puissance

37(4 à 17)

Ontologie

Ontologie d’Heidegger (2)

37(18 à 38) + 38(1 à 18)

Ontologie

Métaphysique prime sur ontologie

39(10 à 24)

Ontologie

Séparation du moi

39(26 à 35) + 40(1 à 20)

Idée de l’infini

Ideatum loin de son idée

40(21 à 38) + 41(1 à 12)

Idée de l’infini

Infini (penser l’)

41(13 à 34) + 42(1 à 3)

Idée de l’infini

Idée de l’infini (Descartes)

42(4 à 15)

Idée de l’infini

Infini (l’) comme Désir

42(15 à 27)

Idée de l’infini

Visage (orientation v. autrui)

42(27 à 35)

Idée de l’infini

Discours (‘dire’ du visage)

42(36) + 43(1 à 19)

Idée de l’infini

Discours (abord d’Autrui)

43(19 à 37) + 44(1 à 7)

Idée de l’infini

Séparation (produc.d’infini)

45(14 à 32)

Athéisme

Séparation (asymétrie de la)

46(4 à 15)

Athéisme

Séparation (test du cogito)

46(16 à 38) + 47(1 à 35)

Athéisme

Intériorité (quant-à-soi de la vie)

47(36 à 38) + 48(1 à 4)

Athéisme

Totalisation

48(2 à 12)

Athéisme

Intériorité comme telle

48(12 à 37)

Athéisme

Mémoire

48(38) + 49(1 à 10)

Athéisme

Mort

49(11 à 32)

Athéisme

Fécondité

49(32 à 38) + 50(1 à 8)

Athéisme

Temps commun

50(9 à 36)

Athéisme

Intériorité comme secret

51(1 à 29)

Athéisme

Temps mort

51(30 à 38) + 52(1 à 4)

Athéisme

Individuation (principe d’)

52(7 à 36) + 53(1 à 5)

Athéisme

Séparation

54(16 à 24)

Vérité (1)

Déracinement

54(24 à 30)

Vérité (1)

Vérité (recherche de la)

54(30 à 33) + 55(1 à 31)

Vérité (1)

Idée de l’infini

55(31 à 34) + 56(1 à 14)

Vérité (1)

Désir

56(14 à 23)

Vérité (1)

Visage

56(23 à 27)

Vérité (1)

Langage

56(28 à 38)

Vérité (1)

Le jouir

57(3 à 24)

Vérité (1)

Le désirer

57(35 à 38) + 58(1 à 23)

Vérité (1)

Dévoilement

59(18 à 35) + 60(17 à 29)

Discours

Visage

61(7 à 21)

Discours

Signification

61(22 à 36) + 62(1 à 22)

Discours

Connaissance objectivante

62(33 à 36) + 63(1 à 26)

Discours

Interpellation

65(10 à 37)

Discours

Objectivation

65(37-38) + 66(1 à 13)

Discours

Extériorité

66(14 à 21)

Discours

Discours philosophique

66(22 à 33) + 67(1 à 11)

Rhétorique

Rhétorique (dépasser la)

67(15 à 28)

Rhétorique

Justice (autrui, mon maître)

68(15 à 34) + 69(1 à 6)

Rhétorique

Discours (et pensée univer- selle )

69(8 à 15)

Ethique

Raison (fondement de la)

69(19 à 35)

Ethique

Langage (fonction du)

70(1 à 23)

Ethique

Discours (constitutif de vérité)

70(24 à 36) + 71(1 à 20)

Ethique

Nudité (dans le cas des choses )

71(21 à 38) + 72(1 à 12)

Ethique

Nudité (dans le cas du visage)

72(13 à 38) + 73(1 à 20)

Ethique

Objectivité

73(21 à 38) + 74(1 à 16)

Ethique

Don (instauration de l’universalité par le)

74(17 à 38) + 75(1 à 6)

Ethique

Autrui (proximité d’)

75(7 à 35) + 76(1 à 18)

Humain (l’)

Face à face (droiture du)

76(18 à 38) + 77(1 à 28)

Humain (l’)

Relation éthique

77(29 à 38) + 78(1 à 13)

Humain (l’)

Idée de l’Infini

78(14 à 35) + 79(1 à 33)

Face à face

Spontanéité de l’action

80(18 à 32) + 81(1 à 4)

Liberté

Spontanéité mesurée

81(4 à 13)

Liberté

Spontanéité (mise en échec utile de ma)

81(20 à 33)

Liberté

Spontanéité (valeur de la)

81(33 à 38) + 82(1)

Liberté

Spontanéité (critique de la)

82(1 à 19)

Liberté

Liberté (facticité de la)

82(24 à 38) + 83(1 à 23)

Liberté

Existence (investie comme liberté)

83(24 à 30)

Critique

Savoir

83(31 à 35) + 84(1 à 32)

Critique

Savoir (essence critique du)

84(34 à 38) + 85(1 à 20)

Critique

Savoir (comme acte se jouant au-dessus de tout acte)

85(21 à 38) + 86(1 à 9)

Critique

Critique (inversion de la)

86(11 à 29)

Critique

Liberté (justification de la)

86(30 à 38) + 87(1 à 19)

Critique

Existence pour soi (retour à l’avant soi avec Autrui présent

87(29 à 38) + 88(1 à 9)

Critique

Extériorité (dépend.de moi à)

88(10 à 24)

Critique

Créature (Mise en cause de la liberté par la)

88(24 à 37)

Critique

Autrui (l’accès originel à )

88(38) + 89(1 à 38)

Critique

Vérité et intériorité

90(1 à 19)

Vérité (2)

Equivoque (d’un monde sans parole)

90(20 à 33) + 91(1 à 31)

Vérité (2)

Equivoque (du monde silencieux)

91(32 à 38) + 92(1 à 3)

Vérité (2)

Equivoque (due au malin génie)

92(4 à 10)

Vérité (2)

Langage (envers du)

92(10 à 21)

Vérité (2)

Autrui (expression d’)

92(22 à 35) + 93(1 à 19)

Vérité (2)

Cogito (partie négative du)

93(1 à 35) + 94(1 à 14)

Vérité (2)

Cogito (présence de l’Autre)

94(15 à 24)

Vérité (2)

Signification et apparition

94(25-26 + 33-35) + 95(1 à 27)

Vérité (2)

Signification (en qualité de pratique)

95(33 à 38) + 96(1 à 31)

Vérité (2)

Signification (maintien de la)

96(32 à 38) + 97(1 à 20)

Vérité (2)

Significat. (issue du langage)

97(21 à 38) + 98(1 à 21)

Vérité (2)

Signification des êtres (surgissement de la)

98(22 à 38) + 99(1 à 28)

Vérité (2)

Signification (le monde est dit par la)

99(29 à 38) + 100(1 à 31)

Vérité (2)

Thématisation (entrée dans un monde de phrases)

100(32 à 35) + 101(1 à 17)

Vérité (2)

Infini (l’) comme thématisation

101(18 à 24)

Vérité (2)

Thématisation du phénomène

101(25 à 38) + 102(1-2)

Vérité (2)

Thématisation (action du maître sur moi)

102(3 à 33)

Vérité (2)

Association

102(33 à 35) + 103(1 à 17)

Vérité (2)

Conscience morale

103(17 à 38) + 104(1 à 10)

Vérité (2)

Langage (essence du)

104(10 à 28)

Vérité (2)

Le Même et l’Autre

104(29 à 34) + 105(1 à 17)

Etre (l’)

Séparation (interprétation de la)

105(18 à 38) + 106(1 à 26)

Etre (l’)

Finitude (ouverture au Bien)

106(26 à 38) + 107(1 à 27)

Etre (l’)

Création ex-nihilo

107(27 à 38) + 108(1 à 23)

Etre (l’)

 

INDEX ALPHABETIQUE

 Mots-clés

 Pages Kluwer Poche (essais 4120) 08/2001

 Chapitres

Altérité (conditions de l’)

29(6 à 38)

Transcendance

Altérité (d’un monde refusé)

30(35) + 31(1 à 11)

Transcendance

Altérité métaphysique

31(14 à 33) + 32(1à 13)

Transcendance

As-sociation

102(33 à 35) + 103(1 à 17)

Vérité (2)

Autre (l’)

27(30 à 38) + 28 (1 à 19)

Transcendance

Autre (l’absolument)

28(20 à 33)

Transcendance

Autrui (expression d’)

92(22 à 35) + 93(1 à 19)

Vérité (2)

Autrui (l’accès originel à )

88(38) + 89(1 à 38)

Critique

Autrui (proximité d’)

75(7 à 35) + 76(1 à 18)

Humain (l’)

Cogito (partie négative du)

93(1 à 35) + 94(1 à 14)

Vérité (2)

Cogito (présence de l’Autre)

94(15 à 24)

Vérité (2)

Connaissance objectivante

62(33 à 36) + 63(1 à 26)

Discours

Connaître ontologiquement

34(16 à 25)

Ontologie

Conscience morale

103(17 à 38) + 104(1 à 10)

Vérité (2)

Création ex-nihilo

107(27 à 38) + 108(1 à 23)

Etre (l’)

Créature (Mise en cause de la liberté par la)

88(24 à 37)

Critique

Critique (inversion de la)

86(11 à 29)

Critique

Déracinement

54(24 à 30)

Vérité (1)

Désir

56(14 à 23)

Vérité (1)

Désir (comme besoin)

22(1à 6 + 12 à 17)

Métaphysique

Désir (démesuré)

22(38) + 23(1à 5)

Métaphysique

Désir (essence de la théorie)

32(14 à 20)

Métaphysique

Désir (jamais satisfait)

22(17 à 24) + 23(11 à 21)

Métaphysique

Désir métaphysique

22( 7à 12 + 20 à 24)

Métaphysique

Dévoilement

59(18 à 35) + 60(17 à 29)

Discours

Discours (‘dire’ du visage)

42(36) + 43(1 à 19)

Idée de l’infini

Discours (abord d’Autrui)

43(19 à 37) + 44(1 à 7)

Idée de l’infini

Discours (constitutif de vérité)

70(24 à 36) + 71(1 à 20)

Ethique

Discours (et pensée universelle )

69(8 à 15)

Ethique

Discours philosophique

66(22 à 33) + 67(1 à 11)

Rhétorique

Don (instauration de l’universalité par le)

74(17 à 38) + 75(1 à 6)

Ethique

Equivoque (d’un monde sans parole)

90(20 à 33) + 91(1 à 31)

Vérité (2)

Equivoque (du monde silencieux)

91(32 à 38) + 92(1 à 3)

Vérité (2)

Equivoque (due au malin génie)

92(4 à 10)

Vérité (2)

Ethique

33(22 à 36)

Ontologie

Existence (investie comme liberté)

83(24 à 30)

Critique

Existence pour soi (retour à l’avant soi avec Autrui présent

87(29 à 38) + 88(1 à 9)

Critique

Extériorité

66(14 à 21)

Discours

Extériorité (dépendance de moi à)

88(10 à 24)

Critique

Face à face (droiture du)

76(18 à 38) + 77(1 à 28)

Humain (l’)

Fécondité

49(32 à 38) + 50(1 à 8)

Athéisme

Finitude (ouverture au Bien)

106(26 à 38) + 107(1 à 27)

Etre (l’)

Ideatum loin de son idée

40(21 à 38) + 41(1 à 12)

Idée de l’infini

Idée de l’infini

55(31 à 34) + 56(1 à 14)

Vérité (1)

Idée de l’Infini

78(14 à 35) + 79(1 à 33)

Face à face

Idée de l’infini (Descartes)

42(4 à 15)

Idée de l’infini

Individuation (principe d’)

52(7 à 36) + 53(1 à 5)

Athéisme

Infini (l’) comme thématisation

101(18 à 24)

Vérité (2)

Infini (l’) comme Désir

42(15 à 27)

Idée de l’infini

Infini (penser l’)

41(13 à 34) + 42(1 à 3)

Idée de l’infini

Intériorité (quant-à-soi de la vie)

47(36 à 38) + 48(1 à 4)

Athéisme

Intériorité comme secret

51(1 à 29)

Athéisme

Intériorité comme telle

48(12 à 37)

Athéisme

Interpellation

65(10 à 37)

Discours

Justice (autrui, mon maître)

68(15 à 34) + 69(1 à 6)

Rhétorique

Langage

56(28 à 38)

Vérité (1)

Langage (envers du)

92(10 à 21)

Vérité (2)

Langage (essence du)

104(10 à 28)

Vérité (2)

Langage (fonction du)

70(1 à 23)

Ethique

Le désirer

57(35 à 38) + 58(1 à 23)

Vérité (1)

Le jouir

57(3 à 24)

Vérité (1)

Le Même et l’Autre

30(1 à 14)

Transcendance

Le Même et l’Autre

104(29 à 34) + 105(1 à 17)

Etre (l’)

Le Même et le Moi

26(13 à 38) + 27(1 à 12)

Transcendance

Liberté (autarcie d’un moi)

36(34 et 35) + 37(1 à 4)

Ontologie

Liberté (facticité de la)

82(24 à 38) + 83(1 à 23)

Liberté

Liberté (justification de la)

86(30 à 38) + 87(1 à 19)

Critique

Même (identification du)

27(12 à 29)

Transcendance

Mémoire

48(38) + 49(1 à 10)

Athéisme

Métaphysique (dimension de la)

23(27 à 34) + 24(1 à 3)

Métaphysique

Métaphysique prime sur ontologie

39(10 à 24)

Ontologie

Métaphysique (horizon de la)

21 (1 à 21)

Métaphysique

Moi (le)

25 (9 à 29)

Transcendance

Mort

49(11 à 32)

Athéisme

Nudité (dans le cas des choses)

71(21 à 38) + 72(1 à 12)

Ethique

Nudité (dans le cas du visage)

72(13 à 38) + 73(1 à 20)

Ethique

Objectivation

65(37-38) + 66(1 à 13)

Discours

Objectivité

73(21 à 38) + 74(1 à 16)

Ethique

Ontologie (œuvre pour l’être

34(37 et 38) + 35(1 à 6)

Ontologie

Ontologie d’Heidegger (1)

36(23 à 33)

Ontologie

Ontologie d’Heidegger (2)

37(18 à 38) + 38(1 à 18)

Ontologie

Possession (phi.de puissance

37(4 à 17)

Ontologie

Priorité (de l’être par rapport à l’étant) ?

36(11 à 23)

Ontologie

Raison (au sein du Même)

34(3 à 16)

Ontologie

Raison (fondement de la)

69(19 à 35)

Ethique

Relation éthique

77(29 à 38) + 78(1 à 13)

Humain (l’)

Rhétorique (dépasser la)

67(15 à 28)

Rhétorique

Savoir

83(31 à 35) + 84(1 à 32)

Critique

Savoir (comme acte se jouant au-dessus de tout acte)

85(21 à 38) + 86(1 à 9)

Critique

Savoir (essence critique du)

84(34 à 38) + 85(1 à 20)

Critique

Séparation

54(16 à 24)

Vérité (1)

Séparation (asymétrie de la)

46(4 à 15)

Athéisme

Séparation (interpréta de la)

105(18 à 38) + 106(1 à 26)

Etre (l’)

Séparation (produc.d’infini)

45(14 à 32)

Athéisme

Séparation (test du cogito)

46(16 à 38) + 47(1 à 35)

Athéisme

Séparation du moi

39(26 à 35) + 40(1 à 20)

Idée de l’infini

Significat. (issue du langage)

97(21 à 38) + 98(1 à 21)

Vérité (2)

Signification

61(22 à 36) + 62(1 à 22)

Discours

Signification (en qualité de pratique)

95(33 à 38) + 96(1 à 31)

Vérité (2)

Signification (le monde est dit par la)

99(29 à 38) + 100(1 à 31)

Vérité (2)

Signification (maintien de la)

96(32 à 38) + 97(1 à 20)

Vérité (2)

Signification des êtres (surgissement de la)

98(22 à 38) + 99(1 à 28)

Vérité (2)

Signification et apparition

94(25-26 + 33-35) + 95(1 à 27)

Vérité (2)

Spontanéité (critique de la)

82(1 à 19)

Liberté

Spontanéité (mise en échec utile de ma)

81(20 à 33)

Liberté

Spontanéité (valeur de la)

81(33 à 38) + 82(1)

Liberté

Spontanéité de l’action

80(18 à 32) + 81(1 à 4)

Liberté

Spontanéité mesurée

81(4 à 13)

Liberté

Temps commun

50(9 à 36)

Athéisme

Temps mort

51(30 à 38) + 52(1 à 4)

Athéisme

Thématisation (action du maître sur moi)

102(3 à 33)

Vérité (2)

Thématisation (entrée dans un monde de phrases)

100(32 à 35) + 101(1 à 17)

Vérité (2)

Thématisation du phénomène

101(25 à 38) + 102(1-2)

Vérité (2)

Théorie

32(20 à 35) + 33(1 à 5)

Ontologie

Théorie (intention critique… )

33(11 à 22)

Ontologie

Théorie (nouvelle voie de la)

33(6 à 11)

Ontologie

Totalisation

48(2 à 12)

Athéisme

Transcendance (mouvement de)

30(21 à 34)

Transcendance

Transcendance (contenu de la)

24(9 à 18)

Transcendance

Vérité (recherche de la)

54(30 à 33) + 55(1 à 31)

Vérité (1)

Vérité et intériorité

90(1 à 19)

Vérité (2)

Visage

56(23 à 27)

Vérité (1)

Visage

61(7 à 21)

Discours

Visage (orientation vers autrui)

42(27 à 35)

Idée de l’infini

INTÉRIORITÉ ET ÉCONOMIE

Thème général d’INTÉRIORITÉ ET ÉCONOMIE

 (Section II)

Dans cette Section, Emmanuel Lévinas se propose de montrer tout particulièrement « comment la séparation ou l’ipséité se produit originellement dans la jouissance du bonheur, comment, dans cette jouissance, l’être séparé affirme une indépendance qui ne doit rien, ni dialectiquement, ni logiquement, à l’Autre qui lui reste transcendant. Cette indépendance absolue ─ qui ne se pose pas en s’opposant ─ que nous avons appelée athéisme, n’épuise pas son essence dans le formalisme d’une pensée abstraite. Elle s’accomplit dans toute la plénitude de l’existence économique.

Mais l’indépendance athée de l’être séparé ─ sans se poser par opposition à l’idée de l’infini, laquelle indique une relation, rend seule possible cette relation. »

Cette plénitude de l’existence économique (terme que l’on surprend pour la première fois chez Lévinas), avait déjà été mise en perspective dans son tout premier ouvrage ─ ‘De l’Existence à l’Existant’.

« En tant que valeur, en tant que fin du désir, l’objet est un être, terme d’un mouvement, début d’une impassibilité, d’un calme repos en soi…

Exister, dans tout l’idéalisme occidental se rapporte à ce mouvement intentionnel d’un intérieur vers l’extérieur . L’être c’est ce qui est pensé, vu, agi, voulu, senti, l’objet. Aussi l’existence dans le monde a-t-elle toujours un centre [4] ; elle n’est jamais anonyme.

Le monde c’est ce qui nous est donné. L’expression est admirable- ment précise. Le donné, certes, ne vient pas de nous, mais nous le recevons. Il a déjà une face par laquelle il est terme d’une intention. L’intention n’est pas seulement dirigée sur un objet, cet objet est à notre disposition. Par là le désir ou l’appétit diffèrent radicalement du besoin toujours inquiet. La théorie platonicienne des plaisirs négatifs, précédés d’un manque [5], méconnaît la promesse du désirable que le désir lui-même porte en lui comme une joie. Joie qui ne tient pas à la « qualité » ou à la « nature psychologique » de tel ou tel désir, ni à son degré d’intensité, ni au charme de l’excitation légère qui l’accompagne, mais au fait que le monde est donné. L’objet m’est destiné, il est pour moi. Le désir en tant que relation avec le monde comporte à la fois une distance entre le moi et le désirable - par conséquent, du temps devant moi - et une possession du désirable antérieure au désir. Cette position du désirable avant et après le désir, est le fait qu’il est donné. Et le fait d’être donné, c’est le Monde [6].

Dans le monde, autrui n’est certes pas traité comme une chose, mais il n’est jamais séparé des choses. Non seulement il est abordé et donné à travers sa situation sociale, non seulement le respect de la personne par un respect de ses droits et de ses prérogatives ; non seulement, à l’exemple des installations qui nous livrent les choses, les institutions nous mettent en rapport avec les personnes, les collectivités, l’histoire et le surnaturel.

Tout ce qui nous est donné dans le monde n’est pas outil. La formule « la maison est un outil d’habitation » est manifestement fausse ; elle n’a pas, en tout cas, raison de la place exceptionnelle que le ‘ chez soi’ joue dans la vie de l’homme appartenant à la civilisation sédentaire, à la maîtrise qu’il confère au fameux charbonnier [7] ; dire que le vêtement est pour se couvrir ce n’est pas saisir ce par quoi le vêtement arrache l’homme à son humilité d’être nu ; encore moins l’aliment rentre-t-il dans la catégorie de ‘ matériel’. Le manger, comparativement à l’aimer qui est caractérisé par une faim essentielle et inextinguible [8], est paisible et simple ; il réalise pleinement la sincérité de son intention : ‘ l’homme qui mange est le plus juste des hommes’.

Cette structure où l’objet concorde exactement avec le désir, caractérise l’ensemble de notre être-dans-le-monde. Partout, l’objet de l’acte ne renvoie pas, du moins dans le phénomène, au souci d’exister. C’est lui-même qui fait notre existence. Nous respirons pour respirer, mangeons et buvons pour manger et pour boire, nous étudions pour satisfaire notre curiosité. Tout cela n’est pas pour vivre. Tout cela est vivre. Vivre est une sincérité. Le monde tel qu’il s’oppose à ce qui n’est pas du monde, c’est le monde où nous habitons, où nous déjeunons et dînons, où nous allons à l’école, discutons, faisons des expériences et des recherches, écrivons et lisons des livres ; c’est le monde de Gargantua et de Pantagruel, mais c’est aussi le monde où Abraham faisait paître ses troupeaux, Isaac creusait des puits, Jacob constituait sa maison, où Epicure cultivait son jardin et où ‘chacun est à l’ombre de son figuier et de sa vigne’.

Etre dans le monde, c’est précisément s’arracher aux dernières implications de l’instinct d’exister pour aller sincèrement au désirable et pour le prendre pour lui-même. C’est la possibilité même du désir et de la sincérité d’exister.

C’est seulement aux époques de misères et de privations que derrière les objets du désir se profile l’ombre d’une finalité ultérieure qui obscurcit le monde. Quant il faut manger, boire et se chauffer pour ne pas mourir, le monde aussi semble à sa fin, absurde, devant être rénové. Le temps est sorti de ses gonds.

Nul doute que le désir ne se suffit pas à lui-même, qu’il côtoie le besoin tout comme le dégoût de la satiété, mais il est clair que dans l’aventure du monde il est un épisode qui, loin de mériter le nom de chute, a son équilibre, son harmonie et sa fonction ontologique positive : la possibilité de s’arracher à l’être anonyme.

Comme nous allons le montrer tout de suite, la vie dans le monde est conscience dans la mesure où elle fournit la possibilité d’exister en retrait de l’existence. La sincérité à l’égard des objets est une hésitation à l’égard de l’existence, qui apparaît comme une tâche à assumer, et d’où ressort un sujet, un existant qui l’assumera.

Le monde, [redisons-le], c’est le donné. La forme épousant l’objet nous livre l’objet. La contemplation se dirige sur l’objet comme sur du donné. Par là, elle est plus que « contemplation pure », elle est déjà élément d’une action. Non pas par métaphore, action, mais parce qu’intention, c’est-à-dire désir, mouvement de prendre, de s’approprier ; mais de prendre ce qui d’avance est donné.

L’intention doit être décrite dans son mouvement propre. Le donné n’est pas nous. Le moi le possède, mais n’est pas accablé par cette possession, conserve à l’égard de l’objet une distance et une réserve qui distingue précisément l’intention de la jouissance. Cette possession à distance - cette possession les mains libres, - fait l’intentionnalité de l’intention.

Il importe de souligner que par l’intention notre présence dans le monde est à travers une distance, que nous sommes séparés de l’objet de l’intention par une distance, franchissable certes, mais par une distance. Situation dont la banalité prend quelque relief quand nous la comparons à la relation de l’existant avec l’existence dont nous sommes partis.

Cette dernière relation est certes événement et relation, mais la dualité des termes de cette relation emprunte son caractère propre au fait que l’existence n’est pas un substantif et qu’au lieu d’être à distance, elle colle au moi. Possédée, l’existence possède. »

LES CINQ MOTS-CLÉS DE RANG 1

SÉPARATION

(111-126)

« Dans la séparation, l’union des termes maintient la séparation dans un sens éminent. L’être, dans la relation, s’absout de la relation, est absolu dans la relation. »

REPRÉSENTATION

(127-151)

 « La liberté totale du Même dans la représentation, a une condition positive dans l’Autre qui n’est pas un représenté, mais Autrui. »

MOI (Le)

(152-161)

« Entre le moi et ce dont il vit, ne s’étend pas la distance absolue qui sépare le Même d’Autrui. »

DEMEURE (La)

(162-190)

« Concrètement, la demeure ne se situe pas dans le monde objectif ; mais le monde objectif se situe par rapport à ma demeure. »

PHÉNOMÉNALITÉ

(190-200)

 « A cause de la relation avec Autrui, à cause de la présence devant le visage d’Autrui, l’homme ne se laisse pas tromper par son glorieux triomphe de vivant et, distinct de l’animal, peut connaître la différence entre l’être et le phénomène, reconnaître sa phénoménalité, le défaut de sa plénitude, défaut inconvertible en besoins et qui, au-delà de la plénitude et du vide, ne saurait se combler. »

LES 105 MOTS-CLÉS DE RANG 2

TABLE DES MATIERES

 Mots-clés

 Pages Kluwer Poche (essais 4120) 08/2001

 Chapitres

Intentionnalité (la conscience de l’)

111(1 à 12)

Séparation

Relation sociale

111(13 à 23) + 112(1 à 3)

Séparation

Séparation (l’intervalle de la)

112(18 à 29)

Séparation

Vivre de… (jouissance)

113(35 à 38) + (114(1 à 9)

Séparation

Accomplissement (le bon- heur est)

114(10 à 12) + 116(8 à 20)

Séparation

Jouissance souveraine

118(4 à 17 + 31 à 33)

Séparation

Indépendance sui generis du bonheur

118(33 à 38)

Séparation

Séparation athée (œuvre de la jouissance)

119 (11 à 22)

Séparation

Besoin (comme premier mouvement du Même)

119(23 à 33)

Séparation

Corporéité

120(34 à 38) + 121(1 à 17)

Séparation

Suffisance (comme contraction de l’ego)

122(24 à 35) + 123(1 à 7)

Séparation

Etat affectif (exaltation où le moi se lève)

123(7 à 24)

Séparation

Surgissement de soi

123(35 à 38) + (124(1 à 9)

Séparation

Le soi (de la personne)

125(2 à 23)

Séparation

Multiplicité (maintien de la)

125(23 à 28) + 126(1 à 17)

Séparation

Autrui (l’altérité d’)

126(17 à 33)

Séparation

Jouissance (comme façon dont la vie se rapporte à ses contenus)

127(1 à 21)

Représentation

Représentation (privilège de la)

127(21 à 29)

Représentation

Représentation (orientation de la)

128(10 à 25)

Représentation

Représentation (objet de la)

128(25 à 36) + 129(1 à 3)

Représentation

Intelligibilité (comme donation de sens)

129(3 à 29)

Représentation

Représentation (relation intentionnelle de la)

129(29 à 38) + 130(1 à 12)

Représentation

Représentation (comme spontanéité pure)

130(13 à 25) + 131(1-2)

Représentation

Représentation (comme pur présent)

131(2 à 25)

Représentation

Représentation (le sujet qui pense par la)

132(1 à 35)

Représentation

Représentation constituante (l’intelligible représenté)

133(2 à 18)

Représentation

Jouissance (intentionnalité de la)

133(24 à 35)

Représentation

Vivre de… (le Même et l’Autre dans le)

134(9 à 30)

Représentation

Vivre de… (inversion du processus de la constitution dans le)

134(31 à 38) + 135(1 à 34)

Représentation

Corps (comme contestation du sens prêté par la conscience

135(34 à 38) +136(1 à 8)

Représentation

Représenté (l’activité du sujet est aussi son contenu comme)

136(8 à 29) + 137(3 à 11)

Représentation

Choses (les)

137(16 à 35) + 138(1 à 11)

Représentation

Elément (l’) (là où rien ne commence, où rien ne finit)

138(11 à 35)

Représentation

Elément (notre relation avec l’)

138(35 à 38) + 139(1 à 34)

Représentation

Ustensiles (attirail instrumental d’une vie)

140(7 à 21)

Représentation

Ustensiles (les attributs des)

140(32 à 38) + 141(1 à 15)

Représentation

Ustensiles (comme attestation de l’économie de l’être)

141(35 à 38) + 142(1 à 25)

Représentation

Sensibilité (dans l’ordre du sentiment)

142(29 à 35) + 143(1 à 30)

Représentation

Sensibilité (ordre du jouir)

144(7 à 27) + 145(16 à 30)

Représentation

Sensibilité (comme suffisance foncière)

146(34 à 38) + 147(1 à 35)

Représentation

Jouissance (quelques ‘plus’ apportés à la)

147(36 à 38) + 148(1 à 23)

Représentation

Choses (les) (dans leur retour à l’élément)

148(25 à 36)

Représentation

Choses (l’être des)

148(1-2) + 149(1 à 6)

Représentation

Choses (convertibilité des)

149(6 à 13)

Représentation

Choses (appel à l’art pour les)

149(15 à 23)

Représentation

Jouissance (qualité dans la)

149(27 à 35) + 150(1 à 19)

Représentation

Elément (avenir de l’)

151(8 à 15 + 21 à 39)

Représentation

Moi (le bonheur de la jouissance affirme le)

152(5 à 22)

Moi (Le)

Moi (la position dans le temps du)

152(27 à 33) + 153(1 à 10)

Moi (Le)

Moi (les lendemains du)

153(10 à 38) + 154(1 à 15)

Moi (Le)

Vie (amour de la)

154(6 à 32) + 155(1 à 12)

Moi (Le)

Vie (assurances contre les incertitudes de la)

155(28 à 35) + 156(13 à 32)

Moi (Le)

Jouissance (rôle de la)

156(33 à 35) + 157(1 à 13)

Moi (Le)

Séparation (dans l’économie de l’être)

157(13 à 38) + 158(1-2)

Moi (Le)

Etre séparé (l’infini produit à partir de l’)

158(13 à 33)

Moi (Le)

Intériorité et extériorité

158(34 à 38) + 159(1 à 28)

Moi (Le)

Intériorité (production d’un être entr’ouvert)

159(29 à 38) + 160(1 à 4)

Moi (Le)

Intériorité (de la jouissance)

160(20 à 38) + 161(1 à 5)

Moi (Le)

Habitation (condition de l’activité humaine)

162(1 à 33)

Demeure (La)

Habitation (lieu de relation avec les choses)

163(1 à 6 + 27 à 32)

Demeure (La)

Habitation (lieu de recueillement)

164(5 à 25 + 32 à 35) + 165(1 à 18)

Demeure (La)

Habitation (productrice de familiarité et d’intimité)

165(19 à 38) + 166(1 à 3)

Demeure (La)

Habitation (terre féminine)

166(3 à 38) + 167(1 à 8)

Demeure (La)

Maison (lieu de rupture avec l’existence naturelle)

167(11 à 35) + 168(1 à 12)

Demeure (La)

Maison (fondatrice de la possession)

168(36 à 38) + 169(1 à 12)

Demeure (La)

Possession (comme transport du moi jouissant)

169(13à 35) + 170(1 à 10)

Demeure (La)

Travail (énergie de l’acquisition)

170(26 à 37)

Demeure (La)

Travail (comme mouvement vers soi)

170(38) + 171(1 à 11)

Demeure (La)

Travail (prise sur l’indéfini)

171(25 à 38) + 172(1 à 13)

Demeure (La)

Travail (suspension de l’avenir indéterminé de l’élément)

172(13 à 21)

Demeure (La)

Possession (comme pouvoir sur le temps)

172(21 à 27)

Demeure (La)

Chose (substantialité de la)

172(28 à 38) 173(1 à 23)

Demeure (La)

Choses (vues comme le non-comestible)

173(34 à 38) + 174(1 à 9)

Demeure (La)

Chose (comme un ‘étant’ vulnérable)

174(9 à 18 + 24 à 38) + 175(1 à 10)

Demeure (La)

Discours (au terme de la possession des choses)

175(11 à 19)

Demeure (La)

Travail (comme prise originelle sur les choses)

175(20 à 35) + 176(1 à 11)

Demeure (La)

Corps (comme centre adéquat de la séparation)

176(12 à 16 + 25 à 38) + 177(1 à 21)

Demeure (La)

Corps-effet (carrefour des forces physiques)

177(21 à 38) + 178(1 à 4)

Demeure (La)

Corps (dans sa saisie du monde par le travail)

178(7 à 29) + 179(1 à 7)

Demeure (La)

Conscience (ajournement de la corporéité du corps)

179(7 à 30)

Demeure (La)

Conscience (dans l’abord de l’obstacle)

179(30 à 38) + 180(1)

Demeure (La)

Conscience (Gestuelle de la prise de)

180(27 à 35) + 181(1 à 7)

Demeure (La)

Représentation (thèse intellectualiste de la)

182(23 à 28)

Demeure (La)

Représentation (sens philosophique de la)

183(4 à 19 + 26 à 38)

Demeure (La)

Extraterritorialité (et souveraineté de la pensée)

184(1 à 32)

Demeure (La)

Donation (retrait à l’égard des choses possédées)

184(35 à 38) + 185(1 à 22)

Demeure (La)

Accueil d’autrui

185(22 à 34)

Demeure (La)

Enseignement (déploiement de la relation avec l’Autre)

185(34 à 38) + 186(1 à 29)

Demeure (La)

Morale (ma violence mise en question et déploiement de la relation pacifique par le langage)

186(30 à 37) + 187(1 à 20)

Demeure (La)

Hospitalité (comme maison ouverte à Autrui)

187(20 à 37) + 188 (1-2)

Demeure (La)

Dualité comportementale

188(3 à 27)

Demeure (La)

Séparation (comme économie

190(7 à 25) + 191(1 à 6)

Phénoménalité

Intériorité (dont les œuvres procèdent)

191(12 à 38) + 192(1 à 8)

Phénoménalité

Symbolisme (de la vie et du travail)

192(8 à 19)

Phénoménalité

Question quid ? (quoi ?)

192(26 à 35) + 193(1-2)

Phénoménalité

Question qui ? (complexité du qui est-ce ?)

193(3 à 34)

Phénoménalité

Question qui ? (pour l’activité)

193(35 à 38) + 194(1 à 9)

Phénoménalité

Etre (l’) (engendré pour la responsabilité)

194(20 à 38) + 195(1 à 9)

Phénoménalité

Désir (le) (dans la relation avec autrui)

196(2 à 15)

Phénoménalité

Idée de l’infini (mise en moi de l’)

196(21 à 31) + 197(17 à 33)

Phénoménalité

Etre (phénomène de l’apparition de l’)

197(37-38) + 198(1 à 18)

Phénoménalité

Parole-activité (expression de la présence de l’être)

198(24 à 30) + 199(15 à 27)

Phénoménalité

Existence phénoménale (dépassement de l’)

199(28 à 37) + 200(1 à 17)

Phénoménalité

 

INDEX ALPHABETIQUE

 Mots-clés

 Pages Kluwer Poche (essais 4120) 08/2001

 Chapitres

Accomplissement (le bon- heur est)

114(10 à 12) + 116(8 à 20)

Séparation

Accueil d’autrui

185(22 à 34)

Demeure (La)

Autrui (l’altérité d’)

126(17 à 33)

Séparation

Besoin (comme premier mouvement du Même)

119(23 à 33)

Séparation

Chose (comme un ‘étant’ vulnérable)

174(9 à 18 + 24 à 38) + 175(1 à 10)

Demeure (La)

Chose (substantialité de la)

172(28 à 38) 173(1 à 23)

Demeure (La)

Choses (appel à l’art pour les)

149(15 à 23)

Représentation

Choses (convertibilité des)

149(6 à 13)

Représentation

Choses (l’être des)

148(1-2) + 149(1 à 6)

Représentation

Choses (les)

137(16 à 35) + 138(1 à 11)

Représentation

Choses (les) (dans leur retour à l’élément)

148(25 à 36)

Représentation

Choses (vues comme le non-comestible)

173(34 à 38) + 174(1 à 9)

Demeure (La)

Conscience (ajournement de la corporéité du corps)

179(7 à 30)

Demeure (La)

Conscience (dans l’abord de l’obstacle)

179(30 à 38) + 180(1)

Demeure (La)

Conscience (Gestuelle de la prise de)

180(27 à 35) + 181(1 à 7)

Demeure (La)

Corporéité

120(34 à 38) + 121(1 à 17)

Séparation

Corps (comme centre adéquat de la séparation)

176(12 à 16 + 25 à 38) + 177(1 à 21)

Demeure (La)

Corps (comme contestation du sens prêté par la conscience

135(34 à 38) +136(1 à 8)

Représentation

Corps (dans sa saisie du monde par le travail)

178(7 à 29) + 179(1 à 7)

Demeure (La)

Corps-effet (carrefour des forces physiques)

177(21 à 38) + 178(1 à 4)

Demeure (La)

Désir (le) (dans la relation avec autrui)

196(2 à 15)

Phénoménalité

Discours (au terme de la possession des choses)

175(11 à 19)

Demeure (La)

Donation (retrait à l’égard des choses possédées)

184(35 à 38) + 185(1 à 22)

Demeure (La)

Dualité comportementale

188(3 à 27)

Demeure (La)

Elément (avenir de l’)

151(8 à 15 + 21 à 39)

Représentation

Elément (l’) (là où rien ne commence, où rien ne finit)

138(11 à 35)

Représentation

Elément (notre relation avec l’)

138(35 à 38) + 139(1 à 34)

Représentation

Enseignement (déploiement de la relation avec l’Autre)

185(34 à 38) + 186(1 à 29)

Demeure (La)

Etat affectif (exaltation où le moi se lève)

123(7 à 24)

Séparation

Etre (l’) (engendré pour la responsabilité)

194(20 à 38) + 195(1 à 9)

Phénoménalité

Etre (phénomène de l’apparition de l’)

197(37-38) + 198(1 à 18)

Phénoménalité

Etre séparé (l’infini produit à partir de l’)

158(13 à 33)

Moi (Le)

Existence phénoménale (dépassement de l’)

199(28 à 37) + 200(1 à 17)

Phénoménalité

Extra-territorialité (et souveraineté de la pensée)

184(1 à 32)

Demeure (La)

Habitation (condition de l’activité humaine)

162(1 à 33)

Demeure (La)

Habitation (lieu de recueillement)

164(5 à 25 + 32 à 35) + 165(1 à 18)

Demeure (La)

Habitation (lieu de relation avec les choses)

163(1 à 6 + 27 à 32)

Demeure (La)

Habitation (productrice de familiarité et d’intimité)

165(19 à 38) + 166(1 à 3)

Demeure (La)

Habitation (terre féminine)

166(3 à 38) + 167(1 à 8)

Demeure (La)

Hospitalité (comme maison ouverte à Autrui)

187(20 à 37) + 188 (1-2)

Demeure (La)

Idée de l’infini (mise en moi de l’)

196(21 à 31) + 197(17 à 33)

Phénoménalité

Indépendance sui generis du bonheur

118(33 à 38)

Séparation

Intériorité (de la jouissance)

160(20 à 38) + 161(1 à 5)

Moi (Le)

Intelligibilité (comme donation de sens)

129(3 à 29)

Représentation

Intentionnalité (la conscience de l’)

111(1 à 12)

Séparation

Intériorité (dont les œuvres procèdent)

191(12 à 38) + 192(1 à 8)

Phénoménalité

Intériorité (production d’un être entr’ouvert)

159(29 à 38) + 160(1 à 4)

Moi (Le)

Intériorité et extériorité

158(34 à 38) + 159(1 à 28)

Moi (Le)

Jouissance (comme façon dont la vie se rapporte à ses contenus)

127(1 à 21)

Représentation

Jouissance (intentionnalité de la)

133(24 à 35)

Représentation

Jouissance (qualité dans la)

149(27 à 35) + 150(1 à 19)

Représentation

Jouissance (quelques ‘plus’ apportés à la)

147(36 à 38) + 148(1 à 23)

Représentation

Jouissance (rôle de la)

156(33 à 35) + 157(1 à 13)

Moi (Le)

Jouissance souveraine

118(4 à 17 + 31 à 33)

Séparation

Le soi (de la personne)

125(2 à 23)

Séparation

Maison (fondatrice de la possession)

168(36 à 38) + 169(1 à 12)

Demeure (La)

Maison (lieu de rupture avec l’existence naturelle)

167(11 à 35) + 168(1 à 12)

Demeure (La)

Moi (la position dans le temps du)

152(27 à 33) + 153(1 à 10)

Moi (Le)

Moi (le bonheur de la jouissance affirme le)

152(5 à 22)

Moi (Le)

Moi (les lendemains du)

153(10 à 38) + 154(1 à 15)

Moi (Le)

Morale (ma violence mise en question et déploiement de la relation pacifique par le langage)

186(30 à 37) + 187(1 à 20)

Demeure (La)

Multiplicité (maintien de la)

125(23 à 28) + 126(1 à 17)

Séparation

Parole-activité (expression de la présence de l’être)

198(24 à 30) + 199(15 à 27)

Phénoménalité

Possession (comme pouvoir sur le temps)

172(21 à 27)

Demeure (La)

Possession (comme trans- port du moi jouissant)

169(13à 35) + 170(1 à 10)

Demeure (La)

Question qui ? (complexité du qui est-ce ?)

193(3 à 34)

Phénoménalité

Question qui ? (pour l’activité)

193(35 à 38) + 194(1 à 9)

Phénoménalité

Question quid ? (quoi ?)

192(26 à 35) + 193(1-2)

Phénoménalité

Relation sociale

111(13 à 23) + 112(1 à 3)

Séparation

Représentation (comme pur présent)

131(2 à 25)

Représentation

Représentation (comme spontanéité pure)

130(13 à 25) + 131(1-2)

Représentation

Représentation (le sujet qui pense par la)

132(1 à 35)

Représentation

Représentation (objet de la)

128(25 à 36) + 129(1 à 3)

Représentation

Représentation (orientation de la)

128(10 à 25)

Représentation

Représentation (privilège de la)

127(21 à 29)

Représentation

Représentation (relation intentionnelle de la)

129(29 à 38) + 130(1 à 12)

Représentation

Représentation (sens philosophique de la)

183(4 à 19 + 26 à 38)

Demeure (La)

Représentation (thèse intellectualiste de la)

182(23 à 28)

Demeure (La)

Représentation constituante (l’intelligible représenté)

133(2 à 18)

Représentation

Représenté (l’activité du sujet est aussi son contenu comme)

136(8 à 29) + 137(3 à 11)

Représentation

Sensibilité (comme suffisance foncière)

146(34 à 38) + 147(1 à 35)

Représentation

Sensibilité (dans l’ordre du sentiment)

142(29 à 35) + 143(1 à 30)

Représentation

Sensibilité (ordre du jouir)

144(7 à 27) + 145(16 à 30)

Représentation

Séparation (comme économie

190(7 à 25) + 191(1 à 6)

Phénoménalité

Séparation (dans l’économie de l’être)

157(13 à 38) + 158(1-2)

Moi (Le)

Séparation (l’intervalle de la)

112(18 à 29)

Séparation

Séparation athée (œuvre de la jouissance)

119 (11 à 22)

Séparation

Suffisance (comme contraction de l’ego)

122(24 à 35) + 123(1 à 7)

Séparation

Surgissement de soi

123(35 à 38) + (124(1 à 9)

Séparation

Symbolisme (de la vie et du travail)

192(8 à 19)

Phénoménalité

Travail (comme mouvement vers soi)

170(38) + 171(1 à 11)

Demeure (La)

Travail (comme prise originelle sur les choses)

175(20 à 35) + 176(1 à 11)

Demeure (La)

Travail (énergie de l’acquisition)

170(26 à 37)

Demeure (La)

Travail (prise sur l’indéfini)

171(25 à 38) + 172(1 à 13)

Demeure (La)

Travail (suspension de l’avenir indéterminé de l’élément)

172(13 à 21)

Demeure (La)

Ustensiles (attirail instrumental d’une vie)

140(7 à 21)

Représentation

Ustensiles (comme attestation de l’économie de l’être)

141(35 à 38) + 142(1 à 25)

Représentation

Ustensiles (les attributs des)

140(32 à 38) + 141(1 à 15)

Représentation

Vie (amour de la)

154(6 à 32) + 155(1 à 12)

Moi (Le)

Vie (assurances contre les incertitudes de la)

155(28 à 35) + 156(13 à 32)

Moi (Le)

Vivre de … (jouissance)

113(35 à 38) + (114(1 à 9)

Séparation

Vivre de… (inversion du processus de la constitution dans le)

134(31 à 38) + 135(1 à 34)

Représentation

Vivre de… (le Même et l’Autre dans le)

134(9 à 30)

Représentation

Synthèse d’INTÉRIORITÉ ET ÉCONOMIE

(Section II)

(188-190)

Emmanuel Lévinas, dans l’avant dernière partie de cette Section, a donné lui-même une synthèse pour bien faire comprendre la méthode qu’il avait pratiquée :

« Tous les développements de cet ouvrage essaient de se libérer d’une conception qui cherche à réunir les évènements de l’existence

affectés de signes opposés dans une condition ambivalente, laquelle aurait seule une dignité ontologique, alors que les évènements eux-mêmes qui s’engagent dans un sens ou dans un autre, resteraient empiriques, sans articuler ontologiquement rien de nouveau.

La méthode pratiquée ici consiste bien à chercher la condition des situations empiriques, mais elle laisse aux développements dits empiriques où la possibilité conditionnante s’accomplit ─ elle laisse à la concrétisation ─ un rôle ontologique qui précise le sens de la possibilité fondamentale, sens invisible dans cette condition.

La relation avec autrui ne se produit pas en dehors du monde, mais met le monde possédé en question. La relation avec autrui, la transcendance, consiste à dire le monde à Autrui. Mais le langage accomplit la mise en commun originelle - laquelle se réfère à la possession et suppose l’économie. L’universalité qu’une chose reçoit du mot, et qui l’arrache au hic et nunc, perd son mystère dans la perspective éthique où se situe le langage. Le hic et nunc remonte lui-même à la possession où la chose est saisie ; quant au langage qui la désigne à l’autre, il constitue une dépossession originelle, une première donation. La généralité du mot instaure le monde commun. L’événement éthique situé à la base de la généralisation est l’intention profonde du langage. Le rapport avec autrui, ne stimule pas, ne suscite pas seulement la généralisation, ne lui en fournit pas seulement le prétexte et l’occasion (ce que personne n’a jamais contesté), mais est cette généralisation même. La généralisation est une universalisation - seulement l’universalisation n’est pas l’entrée d’une chose sensible dans un no man’s land de l’idéal, n’est pas purement négative comme un stérile renoncement, mais l’offre du monde à Autrui. La transcendance n’est pas une vision d’Autrui, mais une donation originelle.

Le langage n’extériorise pas une représentation préexistant en moi ─ il met en commun un monde jusqu’alors mien. Le langage effectue l’entrée des choses dans un éther nouveau où elles reçoivent un nom et deviennent concepts, première action au-dessus du travail, action sans action, même si la parole comporte l’effort du travail, si, pensée incarnée, il nous insère dans le monde, dans les risques et les aléas de toute action. Il dépasse à tout instant ce travail par la générosité de l’offre qu’il fait aussitôt de ce travail même.

Les analyses du langage qui tendent à le présenter comme une action sensée parmi d’autres, méconnaissent cette offre du monde, cette offre de contenus qui répond au visage d’autrui ou qui le questionne et ouvre seulement la perspective du sensé.

La ‘vision’ du visage ne se sépare pas de cette offre qu’est le langage. Voir le visage, c’est parler du monde. La transcendance n’est pas une optique, mais le premier geste éthique. »

LE VISAGE ET L’EXTÉRIORITÉ

Thème général de LE VISAGE ET L’EXTÉRIORITÉ

(Section III)

Ce thème est indiqué par Emmanuel Lévinas lui-même, dans sa Préface de TOTALITÉ et INFINI :

« Les êtres particuliers livrent-ils leur vérité dans un Tout où s’évanouit leur extériorité ? L’ultime événement de l’être se joue-t-il, au contraire, dans tout l’éclat de cette extériorité ?

Ce livre se présente donc comme une défense de la subjectivité, mais il ne la saisira pas au niveau de sa protestation purement égoïste contre la totalité, ni dans son angoisse devant la mort, mais comme fondée dans l’idée de l’infini.

L’idée de l’infini n’est pas une notion que se forge, incidemment, une subjectivité pour refléter une entité ne rencontrant hors d’elle rien qui la limite, débordant toute limite et, par là, infinie. La production de l’entité infinie ne peut être séparée de l’idée de l’infini, car c’est précisément dans la disproportion entre l’idée de l’infini et l’infini dont elle est idée ─ que se produit ce dépassement des limites. L’idée de l’infini est le mode d’être ─ l’infinition de l’infini. L’infini n’est pas d’abord pour se révéler ensuite. Son infinition se produit comme révélation, comme mise en moi de son idée. Elle se produit dans le fait invraisemblable où un être séparé fixé dans son identité, le Même, le Moi contient cependant en soi ─ ce qu’il ne peut ni contenir, ni recevoir par la seule vertu de son identité. La subjectivité réalise ces exigences impossibles : le fait étonnant de contenir plus qu’il n’est possible de contenir.

Ce livre présentera la subjectivité comme accueillant Autrui, comme hospitalité. En elle se consomme l’idée de l’infini. L’intentionnalité, où la pensée reste adéquation à l’objet, ne définit donc pas la conscience à son niveau fondamental. Tout savoir en tant qu’intentionnalité suppose déjà l’idée de l’infini, l’inadéquation par excellence.

Contenir plus que sa capacité, ne signifie pas embrasser ou englober par la pensée la totalité de l’être ou, du moins, pouvoir après coup en rendre compte par le jeu intérieur de la pensée constituante. Contenir plus que sa capacité ─ c’est, à tout moment, faire éclater les cadres d’un contenu pensé, enjamber les barrières de l’immanence, mais sans que cette descente dans l’être se réduise à nouveau à un concept de descente. Des philosophes ont cherché à exprimer par le concept de l’acte (ou de l’incarnation qui le rend possible) cette descente dans le réel que le concept de pensée, interprétée comme pur savoir, maintiendrait comme un jeu de lumières. L’acte de la pensée ─ la pensée comme acte ─ précéderait la pensée pensant un acte ou en prenant conscience. La notion d’acte comporte essentiellement une violence, celle de la transitivité qui manque à la transcendance de la pensée, enfermée elle-même, malgré routes ses aventures, en fin de compte, purement imaginaires ou parcourues comme par Ulysse, pour retourner chez soi. Ce qui dans l’acte éclate comme essentielle violence, c’est le surplus de l’être sur la pensée qui prétend le contenir, la merveille de l’idée de l’infini. L’incarnation de la conscience ne peut donc se comprendre que si, par-delà l’adéquation, le débordement de l’idée par son idéatum ─ c’est à dire l’idée de l’infini ─ meut la conscience. L’idée de l’infini qui n’est pas une représentation de l’infini porte l’activité elle-même. La pensée théorétique, le savoir et la critique auxquels on oppose l’activité, ont le même fondement. [Ainsi] l’idée de l’infini est-elle la source commune de l’activité et de la théorie.

La conscience ne consiste donc pas à égaler l’être par la représentation, à tendre à la pleine lumière où cette adéquation se cherche, mais à déborder ce jeu de lumières ─ cette phénoménologie ─ et à accomplir des évènements dont l’ultime signification ─ contrairement à la conception heideggerienne ─ ne revient pas à dévoiler. La philosophie découvre certes la signification de ces évènements, mais ces évènements se produisent sans que la découverte (ou la vérité) soit leur destin, sans même qu’aucune découverte antérieure éclaire la production de ces évènements, essentiellement nocturnes ; ou sans que l’accueil du visage et l’œuvre de la justice ─ qui conditionnent la naissance de la vérité elle-même ─ puissent s’interpréter comme dévoilement.

La phénoménologie est une méthode philosophique, mais la phénoménologie ─ compréhension de par la mise en lumière ─ ne constitue pas l’événement ultime de l’être lui-même.

La signification à laquelle, dans le présent ouvrage, la déduction phénoménologique ramène la pensée théorique sur l’être et l’exposition panoramique de l’être lui-même, n’est pas irrationnelle. L’aspiration à l’extériorité radicale, appelée pour cette raison méta- physique, le respect de cette extériorité métaphysique qu’il faut, avant tout, ‘laisser être’ ─ constitue la vérité. Elle anime ce travail et atteste sa fidélité à l’intellectualisme de la raison. »

LES CINQ MOTS-CLÉS DE RANG 1

SENSIBILITE

(203-210)

« La sensibilité n’est pas une objectivation qui se cherche. La jouissance, satisfaite par essence, caractérise toutes les sensations dont le contenu représentatif se dissout dans leur contenu affectif. »

VISAGE

(211-223)

« Autrui demeure infiniment transcendant, ─ mais son visage où se produit son épiphanie [9] et qui en appelle à moi, rompt avec le monde qui peut nous être commun et dont les virtualités s’inscrivent dans notre nature et que nous développons aussi par notre existence. »

LANGAGE

(224-242)

« L’essence originelle du langage ne doit pas être cherchée dans l’opération corporelle qui la dévoile à moi et aux autres et qui dans le recours du langage, édifie une pensée, mais dans la présentation du sens. Le sens c’est le visage d’autrui et tout recours au mot se place déjà à l’intérieur du face à face originel du langage. »

RELATION ETHIQUE

(242-247)

« La relation avec l’infini, dans la double structure de l’infini présent au fini, mais présent hors du fini – n’est-elle pas étran- gère à la théorie ? Nous y avons vu la relation éthique. »

TEMPS (1)

(247-277)

« Le temps est précisément le fait que toute l’existence de l’être mortel – offert à la violence – n’est pas l’être pour la mort, mais le ‘pas encore’ qui est une façon d’être contre la mort, un retrait à l’égard de la mort au sein même de son approche inexorable. »

LES 91 MOTS-CLÉS DE RANG 2

TABLE DES MATIERES

 Mots-clés

 Pages Kluwer Poche (essais 4120) 08/2001

 Chapitres

Sensation (comme simple abstraction)

203(1 à 24) + 204(1-2)

Sensibilité

Sensation (vécue comme jouissance)

204(3 à 17) + 205(31 à 35)

Sensibilité

Sensation objective (vision et toucher)

205(7 à 27)

Sensibilité

Vision (Privilège de la)

206(11 à 38) + 207(1 à 9)

Sensibilité

Espace (Vide de l’)

207(21 à 38) + 208(1 à 16)

Sensibilité

Vision (La prise issue de la)

208(17 à 38)

Sensibilité

Vision du brillant

209(11 à 24)

Sensibilité

Sensible (La science n’exclut pas le)

209(25 à 33)

Sensibilité

Vision des formes

209(34 à 38) + 210(1 à 34)

Sensibilité

Vision (de l’ouverture de l’être)

210(34 à 38) + 211(1 à 5)

Sensibilité

Autrui (Relation formelle entre moi et)

211(6 à 32) + 212(1 à 3)

Visage

Langage (comme présenta- tion du transcendant)

212(10 à 38) + 213(1 à 7)

Visage

Infini (Fixation du statut d’)

213(8 à 38) + 214(1 à 16)

Visage

Visage (Accueil du)

214(37-38) + 215(1 à 20)

Visage

Visage (comme expression de l’altérité)

215(32 à 35) + 216(1 à 34)

Visage

Visage (Son altérité, seule matière possible à la négation totale)

216(19 à 34) + 217(2 à 8)

Visage

Autrui (dans la contexture du monde)

217(8 à 38) + 218(1 à 10)

Visage

Infini (Epiphanie de l’)

218(11 à 35)

Visage

Visage (Présentation du)

218(36 à 38) + 219(1 à 13 + 24 à 37)

Visage

Visage (Ouverture du dis- cours originel par le)

219(27 à 36) + 220(1 à 11)

Visage

Face à Face (Droiture du)

220(21 à 26 + 32-33) + 221(1 à 35)

Visage

Visage (à la mesure de celui qui l’accueille)

221(36 à 38) + 222(1 à 10 + 21 à 32)

Visage

Autre (Instauration de la raison par l’)

222(32 à 38) + 223(1 à 21)

Visage

Idée de l’infini (Instauration de l’éthique par l’)

223(21 à 38) + 224(1 à 4)

Visage

Discours (Originalité du)

224(5 à 35) + 225(1 à 6)

Langage

Discours (comme surgissement de la raison)

225(7 à 37) + 226(1 à 9)

Langage

Langage (Essence originelle du)

226(10 à 35) + 227(4 à 25)

Langage

Langage (fondé par le face à face)

227(28 à 37) + 228(1 à 25)

Langage

Raison (Instauration en moi de la)

229(15 à 32)

Langage

Langage (Objectivation par le)

229(33 à 35) + 230(1 à 30)

Langage

Thématisation (comme prise de distance à l’égard de soi)

230(30 à 37) + 231(1 à 27)

Langage

Infini (Présence de l’)

231(27 à 37) + 232(1 à 26)

Langage

Infini (Sens rationaliste conservé par l’intuition de l’)

232(27 à 38) + 233(1 à 26)

Langage

Langage (comme présence du visage)

233(27 à 35) + 234(1 à 10)

Langage

Langage (comme justice)

234(11 à 38) + 235(1 à 10)

Langage

Langage (Communauté instaurée par le)

235(11 à 36) + 236(1 à 31)

Langage

Autrui (L’absolu d’)

237(1 à 20)

Langage

Langage (Séparation du)

237(21 à 30) + 238(3 à 26)

Langage

Discours (Essence éthique du)

238(27 à 31)

Langage

Infini (Conditions de la production de l’)

240(33 à 38) + 241(1 à 16)

Langage

Subjectivité (Comment se fixe la)

241(17 à 31)

Langage

Raison (Ouverture de la volonté à la)

241(32 à 36)

Langage

Raison (Œuvre même de la)

241(1 à 36) + 242(1 à 8 + 14 à 22)

Langage

Totalité (Prestige de la)

242(23 à 32) + 243(1 à 30)

Relation éthiq.

Multiplicité (Conditions de la

243(30 à 38) + 244(1 à 28)

Relation éthiq.

Totalité (Relations constitutives d’une)

244(35) + 245(1 à 30)

Relation éthiq.

Totalité (Refus d’appartenance à une)

245(31 à 37) + 246(1 à 23)

Relation éthiq. 

Relation entre êtres séparés (fût-elle violence)

246(24 à 38)

Relation éthiq.

Etre (partiellement libre)

247(1 à 20)

Relation éthiq.

Temps (comme ajournement de la mort)

247(29 à 38) + 248(1 à 19)

Temps (1)

Ajournement de l’inévitable (par l’adresse)

248(20 à 38) + 249(1 à 6)

Temps (1)

Infinitude (de la transcendance d’autrui)

249(7 à 38) + 250(1 à 8)

Temps (1)

Intermittence du vouloir (et ses inflexions)

250(9 à 35) + 251(1 à 9)

Temps (1)

Temps (comme interstice des volontés)

251(10 à 38) + 252(1 à 16)

Temps (1)

Temps de l’histoire

252(16 à 38) + 253(1 à 18)

Temps (1)

Temps des échanges

253(19 à 38) + 254(1 à 11)

Temps (1)

Temps du contre-la-mort

254(12 à 37) + 255(1 à 9)

Temps (1)

Temps consenti au vouloir étranger

255(9 à 38) + 256(1 à 32)

Temps (1)

Volonté (Originalité du pouvoir de la)

256(33 à 38) + 257(1 à 29)

Temps (1)

Espace du temps

257(30 à 38) + 258(1 à 10)

Temps (1)

Au-delà (l’)

(de la mort)

258(11 à 36) + 259(1 à 12)

Temps (1)

Mort (Mouvement d’approche de la)

259(12 à 38) + 260(1 à 14)

Temps (1)

Mort (Sens de la)

260(14 à 38) + 261(1 à 3)

Temps (1)

Instant (l’) suprême

261(4 à 27)

Temps (1)

Imminence de la mort (comme menace et ajournement)

261(34 à 38) + 262(1 à 16 +21 à 34)

Temps (1)

Mort (Un ordre sensé subsiste au-delà de la)

262(35 à 38) + 263(1 à 23)

Temps (1)

Volonté (Manifestation de la)

263(28 à 32) + 264(8 à 24)

Temps (1)

Temps (Conscience et liberté par rapport au)

264(25 à 38) + 265(1 à 3)

Temps (1)

Présent (Initiative et consola- tion donnent sens au)

265(4 à 24)

Temps (1)

Patience (comme passivité et maîtrise)

265(25 à 38) + 266(1 à 20)

Temps (1)

Haine (Les effets de la)

266(32 à 38) + 267(1 à 14)

Temps (1)

Souffrance (comme épreuve suprême de la volonté)

267(14 à 31)

Temps (1)

Jugement (comme le fait de se situer par rapport à l’infini)

268(1 à 17 + 28 à 35) + 269(1 à 9)

Temps (1)

Liberté intérieure (Conditions d’existence de la)

269(14 à 38) + 270(1 à 3)

Temps (1)

Liberté (Les turpitudes de la)

270(4 à 24)

Temps (1)

Jugement (comme recherche de la volonté contre la mort)

270(25 à 38)

Temps (1)

Homme (comme singularité irréductible)

270(37-38) + 271(1 à 12)

Temps (1)

Invisible (Vérité de l’)

272(6 à 38) + 273(1 à 11)

Temps (1)

Jugement (de l’histoire et celui de Dieu)

273(15 à 24)

Temps (1)

Bonté (comme expurgation de son moi)

273(32 à 38) + 274(1 à 14)

Temps (1)

Responsabilité (Appel à la)

274(20 à 38) + 275(1 à 36)

Temps (1)

Moi (Création morale du)

275(37-38) + 276(1 à 12)

Temps (1)

Jugement de Dieu (Se placer sous le)

276(17 à 38) + 277(1 à 32)

Temps (1)

 

INDEX ALPHABETIQUE

 Mots-clés

 Pages Kluwer Poche (essais 4120) 08/2001

 Chapitres

Ajournement de l’inévitable (par l’adresse)

248(20 à 38) + 249(1 à 6)

Temps (1)

Au-delà (l’)

(de la mort)

258(11 à 36) + 259(1 à 12)

Temps (1)

Autre (Instauration de la raison par l’)

222(32 à 38) + 223(1 à 21)

Visage

Autrui (dans la contexture du monde)

217(8 à 38) + 218(1 à 10)

Visage

Autrui (L’absolu d’)

237(1 à 20)

Langage

Autrui (Relation formelle entre moi et)

211(6 à 32) + 212(1 à 3)

Visage

Bonté (comme expurgation de son moi)

273(32 à 38) + 274(1 à 14)

Temps (1)

Discours (comme surgissement de la raison)

225(7 à 37) + 226(1 à 9)

Langage

Discours (Essence éthique du)

238(27 à 31)

Langage

Discours (Originalité du)

224(5 à 35) + 225(1 à 6)

Langage

Espace (Vide de l’)

207(21 à 38) + 208(1 à 16)

Sensibilité

Espace du temps

257(30 à 38) + 258(1 à 10)

Temps (1)

Etre (partiellement libre)

247(1 à 20)

Relation éthiq.

Face à Face (Droiture du)

220(21 à 26 + 32-33) + 221(1 à 35)

Visage

Haine (Les effets de la)

266(32 à 38) + 267(1 à 14)

Temps (1)

Homme (comme singularité irréductible)

270(37-38) + 271(1 à 12)

Temps (1)

Idée de l’infini (Instauration de l’éthique par l’)

223(21 à 38) + 224(1 à 4)

Visage

Imminence de la mort (comme menace et ajournement)

261(34 à 38) + 262(1 à 16 +21 à 34)

Temps (1)

Infini (Conditions de la production de l’)

240(33 à 38) + 241(1 à 16)

Langage

Infini (Epiphanie de l’)

218(11 à 35)

Visage

Infini (Fixation du statut d’)

213(8 à 38) + 214(1 à 16)

Visage

Infini (Présence de l’)

231(27 à 37) + 232(1 à 26)

Langage

Infini (Sens rationaliste conservé par l’intuition de l’)

232(27 à 38) + 233(1 à 26)

Langage

Infinitude (de la transcendance d’autrui)

249(7 à 38) + 250(1 à 8)

Temps (1)

Instant (l’) suprême

261(4 à 27)

Temps (1)

Intermittence du vouloir (et ses inflexions)

250(9 à 35) + 251(1 à 9)

Temps (1)

Invisible (Vérité de l’)

272(6 à 38) + 273(1 à 11)

Temps (1)

Jugement (comme le fait de se situer par rapport à l’infini)

268(1 à 17 + 28 à 35) + 269(1 à 9)

Temps (1)

Jugement (comme recherche de la volonté contre la mort)

270(25 à 38)

Temps (1)

Jugement (de l’histoire et celui de Dieu)

273(15 à 24)

Temps (1)

Jugement de Dieu (Se placer sous le)

276(17 à 38) + 277(1 à 32)

Temps (1)

Langage (comme justice)

234(11 à 38) + 235(1 à 10)

Langage

Langage (comme présence du visage)

233(27 à 35) + 234(1 à 10)

Langage

Langage (comme présenta- tion du transcendant)

212(10 à 38) + 213(1 à 7)

Visage

Langage (Communauté instaurée par le)

235(11 à 36) + 236(1 à 31)

Langage

Langage (Essence originelle du)

226(10 à 35) + 227(4 à 25)

Langage

Langage (fondé par le face à face)

227(28 à 37) + 228(1 à 25)

Langage

Langage (Objectivation par le)

229(33 à 35) + 230(1 à 30)

Langage

Langage (Séparation du)

237(21 à 30) + 238(3 à 26)

Langage

Liberté (Les turpitudes de la)

270(4 à 24)

Temps (1)

Liberté intérieure (Conditions d’existence de la)

269(14 à 38) + 270(1 à 3)

Temps (1)

Moi (Création morale du)

275(37-38) + 276(1 à 12)

Temps (1)

Mort (Mouvement d’approche de la)

259(12 à 38) + 260(1 à 14)

Temps (1)

Mort (Sens de la)

260(14 à 38) + 261(1 à 3)

Temps (1)

Mort (Un ordre sensé subsiste au-delà de la)

262(35 à 38) + 263(1 à 23)

Temps (1)

Multiplicité (Conditions de la

243(30 à 38) + 244(1 à 28)

Relation éthiq.

Patience (comme passivité et maîtrise)

265(25 à 38) + 266(1 à 20)

Temps (1)

Présent (Initiative et consolation donnent sens au)

265(4 à 24)

Temps (1)

Raison (Instauration en moi de la)

229(15 à 32)

Langage

Raison (Œuvre même de la)

241(1 à 36) + 242(1 à 8 + 14 à 22)

Langage

Raison (Ouverture de la volonté à la)

241(32 à 36)

Langage

Relation entre êtres séparés (fût-elle violence)

246(24 à 38)

Relation éthiq.

Responsabilité (Appel à la)

274(20 à 38) + 275(1 à 36)

Temps (1)

Sensation (comme simple abstraction)

203(1 à 24) + 204(1-2)

Sensibilité

Sensation (vécue comme jouissance)

204(3 à 17) + 205(31 à 35)

Sensibilité

Sensation objective (vision et toucher)

205(7 à 27)

Sensibilité

Sensible (La science n’exclut pas le)

209(25 à 33)

Sensibilité

Souffrance (comme épreuve suprême de la volonté)

267(14 à 31)

Temps (1)

Subjectivité (Comment se fixe la)

241(17 à 31)

Langage

Temps (comme ajournement de la mort)

247(29 à 38) + 248(1 à 19)

Temps (1)

Temps (comme interstice des volontés)

251(10 à 38) + 252(1 à 16)

Temps (1)

Temps (Conscience et liberté par rapport au)

264(25 à 38) + 265(1 à 3)

Temps (1)

Temps consenti au vouloir étranger

255(9 à 38) + 256(1 à 32)

Temps (1)

Temps de l’histoire

252(16 à 38) + 253(1 à 18)

Temps (1)

Temps des échanges

253(19 à 38) + 254(1 à 11)

Temps (1)

Temps du contre-la-mort

254(12 à 37) + 255(1 à 9)

Temps (1)

Thématisation (comme prise de distance à l’égard de soi)

230(30 à 37) + 231(1 à 27)

Langage

Totalité (Prestige de la)

242(23 à 32) + 243(1 à 30)

Relation éthiq.

Totalité (Refus d’appartenance à une)

245(31 à 37) + 246(1 à 23)

Relation éthiq. 

Totalité (Relations constitutives d’une)

244(35) + 245(1 à 30)

Relation éthiq.

Visage (à la mesure de celui qui l’accueille)

221(36 à 38) + 222(1 à 10 + 21 à 32)

Visage

Visage (Accueil du)

214(37-38) + 215(1 à 20)

Visage

Visage (comme expression de l’altérité)

215(32 à 35) + 216(1 à 34)

Visage

Visage (Ouverture du dis- cours originel par le)

219(27 à 36) + 220(1 à 11)

Visage

Visage (Présentation du)

218(36 à 38) + 219(1 à 13 + 24 à 37)

Visage

Visage (Son altérité, seule matière possible à la négation totale)

216(19 à 34) + 217(2 à 8)

Visage

Vision (de l’ouverture de l’être)

210(34 à 38) + 211(1 à 5)

Sensibilité

Vision (La prise issue de la)

208(17 à 38)

Sensibilité

Vision (Privilège de la)

206(11 à 38) + 207(1 à 9)

Sensibilité

Vision des formes

209(34 à 38) + 210(1 à 34)

Sensibilité

Vision du brillant

209(11 à 24)

Sensibilité

Volonté (Manifestation de la)

263(28 à 32) + 264(8 à 24)

Temps (1)

Volonté (Originalité du pouvoir de la)

256(33 à 38) + 257(1 à 29)

Temps (1)

Synthèse de LE VISAGE ET L’EXTÉRIORITÉ

Cette synthèse a été composée par Emmanuel Lévinas à l’intérieur de la section suivante, ─ comme rappel de la signification :

« Rappelons les points relatifs à la signification. Le fait premier de la signification se produit dans le visage. Non pas que le visage reçoive une signification par rapport à quelque chose. Le visage signifie par lui-même, sa signification précède la ‘donation de sens’ (Sinngebung), un comportement sensé surgit déjà dans sa lumière, il répand la lumière où se voit la lumière. On n’a pas à l’expliquer, car, à partir de lui, toute explication commence. Autrement dit, la société avec Autrui qui marque la fin de l’absurde bruissement de l’il y a, ne se constitue pas comme l’œuvre d’un Moi prêtant un sens. Il faut déjà être pour autrui ─ exister et non pas œuvrer seulement ─ pour que le phénomène du sens, corrélatif de l’intention d’une pensée, puisse surgir. Etre-pour-autrui, ne doit pas suggérer une finalité quelconque et n’implique pas la position préalable ou la valorisation d’une je ne sais quelle valeur. Etre pour autrui ─ c’est être bon. Le concept d’Autrui n’a certes aucun contenu nouveau par rapport au concept de moi ; mais l’être-pour-autrui n’est pas un rapport entre concepts dont la compréhension coïnciderait, ni la conception d’un concept par un moi, mais ma bonté. Le fait que, existant pour autrui, j’existe autrement qu’en existant pour moi ─ est la moralité elle-même. Elle enveloppe de toutes parts ma connaissance d’Autrui et ne se dégage pas de la connaissance d’Autrui par une valorisation d’autrui, en sus de cette connaissance première. La transcendance comme telle est ‘conscience morale’. La conscience morale accomplit la métaphysique, si la métaphysique consiste à transcender. Tant tout ce qui précède, nous avons essayé d’exposer l’épiphanie du visage comme l’origine de l’extériorité. Le phénomène premier de la signification coïncide avec l’extériorité . L’extériorité est la signifiance même. Et seul le visage est extérieur dans sa moralité. Le visage dans cette épiphanie ne resplendit pas comme une forme revêtant un contenu, comme une image, mais comme la nudité du principe, derrière lequel il n’y a plus rien. Le visage mort devient forme, masque mortuaire, il se montre au lieu de laisser voir, mais précisément ainsi n’apparaît plus comme visage.

On peut le dire encore autrement : l’extériorité définit l’étant comme étant et la signification du visage tient à la coïncidence essentielle de l’étant et du signifiant. La signification ne s’ajoute pas à l’étant. Signifier n’équivaut pas à se présenter comme signe, mais à s’exprimer, c’est-à-dire à se présenter en personne. Le symbolisme du signe suppose déjà la signification de l’expression, le visage. Dans le visage, se présente l’étant par excellence. Et tout le corps peut comme le visage exprimer, une main ou une courbure d’épaule. La signifiance originelle de l’étant ─ sa présentation en personne ou son expression ─ sa façon de saillir incessamment hors de son image plastique, se produit concrètement comme une tentation de la négation totale et comme la résistance infinie au meurtre de l’autre en tant qu’autre, dans la dure résistance de ces yeux sans protection, de ce qu’il y a de plus doux et de plus découvert. L’étant comme étant ne se produit que dans la moralité. Le langage, source de toute signification, naît dans le vertige de l’infini, qui saisit devant la droiture du visage, qui rend possible et impossible le meurtre. »[292-294]

AU-DELA DU VISAGE

Thème général d’AU-DELA DU VISAGE
(Section IV)

Emmanuel Lévinas n’a, semble-t-il, rédigé aucune introduction particulière pour cette dernière section de l’œuvre. Tout juste trouve-t-on une note de bas de page dans la Préface de TOTALITE ET INFINI, reproduite ici :

« En abordent à la fin de cet ouvrage des relations que nous plaçons au-delà du visage, nous rencontrons des évènements qui ne peuvent être décrits comme noèses visant des noèmes, ni comme interventions actives réalisant des projets, ni bien entendu comme des forces physiques se déversant dans des masses. Il s’agit [en fait] de conjonctures dans l’être. »

Ces conjonctures dans l’être ont cependant été évoquées dans son premier ouvrage, « De l’Existence à l’Existant », publié peu après son retour de captivité de Fallingsbotel. En voici les principaux passages :

« On pense que ma relation avec l’autre tend à m’identifier à lui en m’abîmant dans la représentation collective, dans un idéal commun ou dans un geste commun. C’est la collectivité qui dit ‘nous’, qui sent l’autre à côté de soi et non pas en face de soi. C’est aussi la collectivité qui s’établit autour d’un troisième terme qui sert d’intermédiaire, qui fournit le commun de la communion. Le Miteinandersein heideggerien demeure aussi la collectivité de l’ ‘avec’, et c’est autour de la ‘vérité’ qu’il se révèle dans sa forme authentique. Il est collectivité autour de quelque chose de commun. Aussi comme dans toutes les philosophies de la communion, la socialité chez Heidegger se retrouve tout entière dans le sujet seul et c’est en terme de solitude que se poursuit l’analyse du Dasein dans sa forme authentique. A cette collectivité de camarades, nous opposons la collectivité du moi-toi qui la précède. Elle n’est pas une participation à un troisième terme ─ personne intermédiaire, vérité, dogme, œuvre, profession, intérêt, habitation, repas ─ c’est-à-dire elle n’est pas une communion. Elle est le face à face redoutable d’une relation sans intermédiaire, sans médiation. Dès lors, l’interpersonnel n’est pas la relation en soi indifférente et réciproque de deux termes interchangeables. Autrui en tant qu’autrui n’est pas seulement un alter ego. Il est ce que moi je ne suis pas : il est le faible alors que je suis le fort ; il est le pauvre, il est ‘la veuve et l’orphelin’. Il n’y a pas de plus grande hypocrisie que celle qui a inventé la charité bien ordonnée. Ou bien il est l’étranger, l’ennemi, le puissant. L’essentiel, c’est qu’il a ces qualités de par son altérité même. L’espace intersubjectif est initialement asymétrique. L’espace intersubjectif est initialement asymétrique. L’extériorité d’autrui n’est pas simplement l’effet de l’espace qui maintient séparé ce qui par le concept, est identique, ni une différence quelconque selon le concept qui se manifesterait par une extériorité spatiale. C’est précisément en tant qu’irréductible à ces deux notions d’extériorité, que l’extériorité sociale est originale et nous fait sortir des catégories d’unité et de multiplicité qui valent pour les choses, c’est-à-dire valent dans le monde d’un sujet isolé, d’un esprit seul. L’intersubjectivité n’est pas simplement l’appli- cation de la catégorie de la multiplicité au domaine de l’esprit. Elle nous est fournie par l’Eros, ou, dans la proximité d’autrui, est intégralement maintenue la distance dont le pathétique est fait, à la fois, de cette proximité et de cette dualité des êtres. Ce qu’on présente comme l’échec de la communication dans l ‘amour, constitue précisément la positivité de la relation ; cette absence de l’autre est précisément sa présence comme autre. L’autre, c’est le prochain - mais la proximité n’est pas une dégradation ou une étape de la fusion. Dans la réciprocité des rapports, caractéristique de la civilisation, l’asymétrie de la relation intersubjective s’oublie. La réciprocité de la civilisation - le règne des fins où chacun est à la fois fin et moyen, personne et personnel, est un nivellement de l’idée de fraternité, qui est un aboutissement et non pas un point de départ et qui renvoie à toutes les implications de l’éros. Il faut, en effet, pour se poser dans la fraternité et pour être soi-même le pauvre, le faible et le pitoyable, l’intermédiaire du père, ─ et il faut pour postuler le père─ qui n’est pas simplement qu’une cause ou un genre ─ l’hétérogénéité de moi et d’autrui. Cette hétérogénéité de cette relation entre les genres à partir desquels la société et le temps doivent être compris - nous amènent au seuil d’un autre ouvrage. Au cosmos qui est le monde de Platon s’oppose le monde de l’esprit, où les implications de l’éros ne se réduisent pas à la logique du genre, où le moi se substitue au même et autrui à l’autre.

L’originalité de la contrariété et de la contradiction de l’éros a échappé à Heidegger, qui, dans ses cours, tend à présenter la différence des sexes comme une spécification d’un genre. C’est dans l’éros que la transcendance peut être pensée d’une manière radicale, apporter au moi pris dans l’être, retournant fatalement à soi, autre chose que ce retour, le débarrasser de son ombre. Dire simplement que le moi sort de lui-même est une contradiction, puisque, en sortant de soi, le moi s’emporte, à moins qu’il ne s’abîme dans l’impersonnel. L’intersubjectivité asymétrique est le lieu d’une transcendance où le sujet, tout en conservant sa structure de sujet, a la possibilité de ne pas retourner fatalement à lui-même, d’être fécond et, disons le mot en anticipant - d’avoir un fils. »

LES NEUF MOTS-CLÉS DE RANG 1

AUTRUI

(282-283)

 « Autrui en tant qu’autrui se situe dans une dimension de la hauteur et de l’abaissement ─ glorieux abaissement ; il a la face du pauvre, de l’étranger, de la veuve et de l’orphelin et, à la fois, du maître appelé à investir et à justifier ma liberté. »

AMOUR (L’)

(DANS SON AMBIGUITÉ)

(284-286)

« Du fait que la transcendance du discours est liée à l’amour, le but de ce chapitre est de montrer comment, par l’amour, la transcendance va, à la fois, plus loin et moins loin que le langage. »

ÉROS (L’) (1)

(DANS SA PHÉNOMÉNOLOGIE)

(286-299)

« A côté de la nuit comme bruissement anonyme de l’il y a, s’étend la nuit de l’érotique ; derrière la nuit de l’insomnie, la nuit du caché, du clandestin, du mystérieux, patrie du vierge, simultanément découvert par l’Eros et se refusant à l’Eros ─ ce qui est une autre façon de dire la profanation. »

FÉCONDITÉ

(299-302)

« A la fois mien et non-mien, une possibilité de moi-même, mais aussi possibilité de l’Autre, de l’Aimée ─ mon avenir ne rentre pas dans l’essence logique du possible. La relation avec un tel avenir, irréductible au pouvoir sur des possibles, nous l’appelons fécondité. »

ÉROS (L’) (2)

(DANS SA SUBJECTIVITÉ)

(302-306)

« L’Eros ne peut s’interpréter comme une superstructure ayant l’individu pour base et pour sujet. Le sujet dans la volupté se retrouve comme le soi (ce qui ne veut pas dire l’objet ou le thème) d’un autre et non pas seulement comme le soi de soi-même. »

TRANSCENDANCE (2)

(306-310)

« En articulant l’exister comme temps au lieu de le figer dans la permanence du stable, la philosophie du devenir cherche à se dégager de la catégorie de ‘l’un’ compromet la transcendance. Le jaillissement ou la projection de l’avenir transcende. Non pas par la connaissance seulement, mais par l’exister même de l’être. »

FILIALITÉ

(310-312)

« La réciproque de la paternité ─ la filialité, la relation père-fils, indique à la fois une relation de rupture et un recours. »

FRATERNITÉ

(312-313)

« Le moi en tant que moi se tient donc tourné éthiquement vers le visage de l’autre ─ la fraternité est la relation même avec le visage où s’accomplit à la fois mon élection et l’égalité, c’est-à-dire la maîtrise exercée sur moi par l’Autre. »

TEMPS (2)

(313-318)

« La distance à l’égard de l’être ─ par laquelle l’étant existe en

vérité, se produit comme temps et comme conscience ou encore comme anticipation du possible. »

LES 72 MOTS-CLÉS DE RANG 2

TABLE DES MATIERES

 Mots-clés

 Pages Kluwer Poche (essais 4120) 08/2001

 Chapitres

Autrui (Rapport avec)

281(1 à 25) + 282(1 à 15)

Autrui

Raison impersonnelle (émanation d’interlocuteurs)

282(15 à 38) + 283(1 à 12)

Autrui

Raison personnelle (siège de la singularité de mon individualité)

283(13 à 29)

Autrui

Vérité (Etre en)

283(29 à 38) + 284(1 à 21)

Autrui

Amour (Sont objets d’)

284(29 à 35)

Amour (L’)

Amour (Mouvements de l’)

285(1 à 5)

Amour (L’)

Amour (sans transcendance)

285(5 à 24)

Amour (L’)

Amour (au-delà de l’aimé)

285(24 à 38) + 286(1-2)

Amour (L’)

Tendre (La manière du)

286(3 à 24)

Eros (L’) (1)

Profanation (comme secret forcé)

286(25 à 34) + 287(1 à 22)

Eros (L’) (1)

Féminité (comme fragilité et non-signifiance)

287(22 à 38)

Eros (L’) (1)

Caresse (Complaisance de la)

288(1 à 27)

Eros (L’) (1)

Caresse (La) (par-delà le consentement)

288(27 à 38) + 289(1 à 10)

Eros (L’) (1)

Virginité (L’Aimée se tient dans la)

289(11 à 29)

Eros (L’) (1)

Ne-pas-encore-être (Le)

289(30 à 38) + 290(1 à 30)

Eros (L’) (1)

Volupté

290(30 à 38) + 291(1 à 12)

Eros (L’) (1)

Indicible (L’)

291(12 à 25)

Eros (L’) (1)

Au-delà du possible (L’)

291(25 à 38) + 292(1 à 8)

Eros (L’) (1)

Nudité érotique

292(9 à 18)

Eros (L’) (1)

Féminité (Inversion du visage par la)

293(26 à 37) + 294(1 à 22)

Eros (L’) (1)

Beauté féminine (Evènement original de la)

294(23 à 38) +295(1 à 4)

Eros (L’) (1)

Eros (L’équivoque de l’)

295(5 à 29)

Eros (L’) (1)

Equivoque (L’) (comme épi- phanie du féminin)

295(30 à 38) + 296(1 à 7)

Eros (L’) (1)

Eros (Ravissement de l’)

296(8 à 23)

Eros (L’) (1)

Amoureux (Intimité des)

296(25 à 38) + 297(1 à 35)

Eros (L’) (1)

Eros (Non-possession dans l’)

297(35 à 38) + 298(1 à 11)

Eros (L’) (1)

Amour (Trans-substantiation de l’)

298(11 à 38) + 299(1 à 6)

Eros (L’) (1)

Paternité (identification de soi et distinction dans l’identification)

299(7 à 32)

Fécondité

Fécondité (rapport avec l’avenir transformé en pouvoir du sujet)

299(33 à 35) + 300(1 à 12)

Fécondité

Fécondité (inclusion d’une dualité de l’Identique)

300(13 à 32)

Fécondité

Fécondité (comme mise en rapport avec le temps infini)

300(33 à 38) + 301(1 à 12)

Fécondité

Fécondité (comme trans-substantiation)

301(13 à 28)

Fécondité

Etre (Scindé en Même et en Autre, tel est l’)

301(29 à 38) + 302(1à 3)

Fécondité

Fécondité (sa réitération produit la bonté de la bonté)

302(3 à 21)

Fécondité

Volupté (Transfiguration du sujet par la)

302(22 à 34) + 303(1 à 11)

Eros (L’) (2)

Relation érotique (comme production de l’origine dans l’être)

303(11 à 32)

Eros (L’) (2)

Eros (L’) (comme arrêt du retour de moi à soi)

303(33 à 38) + 304(1 à 11)

Eros (L’) (2)

Fécondité (Transcendance de la)

304(11 à 29)

Eros (L’) (2)

Paternité (l’au-delà du possible et du visage)

305(1 à 14)

Eros (L’) (2)

Eros (Identité du moi libérée à partir de l’)

305(15 à 37)

Eros (L’) (2)

Fécondité (incluse dans le moi)

305(37-38) + 306(1 à 15)

Eros (L’) (2)

Transcendance (Moins que l’être est ce type de)

306(32-34) + 307(1 à 23)

Transcendance (2)

Transcendance (où le Devenir est substitué à l’être)

307(24 à 38) + 308(1 à 9)

Transcendance (2)

Transcendance (Recherche d’une notion d’être qui fonde la)

308(28 à 38) + 309(1 à 9)

Transcendance (2)

Sexualité (Les faux-pas philosophiques sur la)

309(10 à 22)

Transcendance (2)

Erotique (Ce qui reste inaperçu dans l’)

309(22 à 31)

Transcendance (2)

Sexualité (comme pluralité même de notre exister)

309(31 à 37) + 310(1-2)

Transcendance (2)

Fécondité du moi (comme catégorie ontologique)

310(3 à 25)

Transcendance (2)

Filialité (comme relation de rupture)

310(26 à 34)

Filialité

Filialité (comme recours)

311(10 à 24)

Filialité

Fécondité (Reprise de l’uni- cité du père par la)

311(25 à 35)

Filialité

Election du fils (unique pour soi et pour son père)

311(35 à 38) + 312(1 à 16)

Filialité

Fraternité (Le moi humain se pose dans la)

312(21 à 38) + 313(1 à 15)

Fraternité

Infinition (L’) (produite par l’étant)

313(16 à 31)

Temps (2)

Temporalité (Structure de la conscience ou de la)

313(31 à 34) + 314(1 à 6)

Temps (2)

Temporalité (Ce que suppose la vraie)

314(20 à 32)

Temps (2)

Destin (Ce qui met en cause l’aventure d’un)

314(32 à 38) + 315(1 à 4)

Temps (2)

Succession (Caractère salutaire de la)

315(5 à 19)

Temps (2)

Temps de la fécondité (Triomphe du)

315(20 à 29)

Temps (2)

Temps (Le pardon comme constitutif du)

315(30 à 38) + 316(1 à 10)

Temps (2)

Temps (Du nouveau ajouté à l’être par le)

316(22 à 30) + 317(1-2)

Temps (2)

Temps (L’être infini se pro- duit comme)

317(2 à 11)

Temps (2)

Temps (Mort et résurrection constituent le)

317(11 à 24)

Temps (2)

Temps discontinu (Le recommencement dans le)

317(25 à 35)

Temps (2)

Temps achevé (La vérité exige un)

317(35 à 38) + 318(1 à 16)

Temps (2)

 

 

INDEX ALPHABETIQUE

 Mots-clés

 Pages Kluwer Poche (essais 4120) 08/2001

 Chapitres

Amour (au-delà de l’aimé)

285(24 à 38) + 286(1-2)

Amour (L’)

Amour (Mouvements de l’)

285(1 à 5)

Amour (L’)

Amour (sans transcendance)

285(5 à 24)

Amour (L’)

Amour (Sont objets d’)

284(29 à 35)

Amour (L’)

Amour (Trans-substantiation de l’)

298(11 à 38) + 299(1 à 6)

Eros (L’) (1)

Amoureux (Intimité des)

296(25 à 38) + 297(1 à 35)

Eros (L’) (1)

Au-delà du possible (L’)

291(25 à 38) + 292(1 à 8)

Eros (L’) (1)

Autrui (Rapport avec)

281(1 à 25) + 282(1 à 15)

Autrui

Beauté féminine (Evènement original de la)

294(23 à 38) +295(1 à 4)

Eros (L’) (1)

Caresse (Complaisance de la)

288(1 à 27)

Eros (L’) (1)

Caresse (La) (par-delà le consentement)

288(27 à 38) + 289(1 à 10)

Eros (L’) (1)

Destin (Ce qui met en cause l’aventure d’un)

314(32 à 38) + 315(1 à 4)

Temps (2)

Election du fils (unique pour soi et pour son père)

311(35 à 38) + 312(1 à 16)

Filialité

Equivoque (L’) (comme épi- phanie du féminin)

295(30 à 38) + 296(1 à 7)

Eros (L’) (1)

Eros (Identité du moi libérée à partir de l’)

305(15 à 37)

Eros (L’) (2)

Eros (L’) (comme arrêt du retour de moi à soi)

303(33 à 38) + 304(1 à 11)

Eros (L’) (2)

Eros (L’équivoque de l’)

295(5 à 29)

Eros (L’) (1)

Eros (Non-possession dans l’)

297(35 à 38) + 298(1 à 11)

Eros (L’) (1)

Eros (Ravissement de l’)

296(8 à 23)

Eros (L’) (1)

Erotique (Ce qui reste inaperçu dans l’)

309(22 à 31)

Transcendance (2)

Etre (Scindé en Même et en Autre, tel est l’)

301(29 à 38) + 302(1à 3)

Fécondité

Fécondité (comme mise en rapport avec le temps infini)

300(33 à 38) + 301(1 à 12)

Fécondité

Fécondité (comme trans-substantiation)

301(13 à 28)

Fécondité

Fécondité (incluse dans le moi)

305(37-38) + 306(1 à 15)

Eros (L’) (2)

Fécondité (inclusion d’une dualité de l’Identique)

300(13 à 32)

Fécondité

Fécondité (rapport avec l’avenir transformé en pouvoir du sujet)

299(33 à 35) + 300(1 à 12)

Fécondité

Fécondité (Reprise de l’uni- cité du père par la)

311(25 à 35)

Filialité

Fécondité (sa réitération produit la bonté de la bonté)

302(3 à 21)

Fécondité

Fécondité (Transcendance de la)

304(11 à 29)

Eros (L’) (2)

Fécondité du moi (comme catégorie ontologique)

310(3 à 25)

Transcendance (2)

Féminité (comme fragilité et non-signifiance)

287(22 à 38)

Eros (L’) (1)

Féminité (Inversion du visage par la)

293(26 à 37) + 294(1 à 22)

Eros (L’) (1)

Filialité (comme recours)

311(10 à 24)

Filialité

Filialité (comme relation de rupture)

310(26 à 34)

Filialité

Fraternité (Le moi humain se pose dans la)

312(21 à 38) + 313(1 à 15)

Fraternité

Indicible (L’)

291(12 à 25)

Eros (L’) (1)

Infinition (L’) (produite par l’étant)

313(16 à 31)

Temps (2)

Ne-pas-encore-être (Le)

289(30 à 38) + 290(1 à 30)

Eros (L’) (1)

Nudité érotique

292(9 à 18)

Eros (L’) (1)

Paternité (identification de soi et distinction dans l’identification)

299(7 à 32)

Fécondité

Paternité (l’au-delà du possible et du visage)

305(1 à 14)

Eros (L’) (2)

Profanation (comme secret forcé)

286(25 à 34) + 287(1 à 22)

Eros (L’) (1)

Raison impersonnelle (émanation d’interlocuteurs)

282(15 à 38) + 283(1 à 12)

Autrui

Raison personnelle (siège de la singularité de mon individualité)

283(13 à 29)

Autrui

Relation érotique (comme production de l’origine dans l’être)

303(11 à 32)

Eros (L’) (2)

Sexualité (comme pluralité même de notre exister)

309(31 à 37) + 310(1-2)

Transcendance (2)

Sexualité (Les faux-pas philosophiques sur la)

309(10 à 22)

Transcendance (2)

Succession (Caractère salutaire de la)

315(5 à 19)

Temps (2)

Temporalité (Ce que suppose la vraie)

314(20 à 32)

Temps (2)

Temporalité (Structure de la conscience ou de la)

313(31 à 34) + 314(1 à 6)

Temps (2)

Temps (Du nouveau ajouté à l’être par le)

316(22 à 30) + 317(1-2)

Temps (2)

Temps (L’être infini se pro- duit comme)

317(2 à 11)

Temps (2)

Temps (Le pardon comme constitutif du)

315(30 à 38) + 316(1 à 10)

Temps (2)

Temps (Mort et résurrection constituent le)

317(11 à 24)

Temps (2)

Temps achevé (La vérité exige un)

317(35 à 38) + 318(1 à 16)

Temps (2)

Temps de la fécondité (Triomphe du)

315(20 à 29)

Temps (2)

Temps discontinu (Le recommencement dans le)

317(25 à 35)

Temps (2)

Tendre (La manière du)

286(3 à 24)

Eros (L’) (1)

Transcendance (Moins que l’être est ce type de)

306(32-34) + 307(1 à 23)

Transcendance (2)

Transcendance (où le Devenir est substitué à l’être)

307(24 à 38) + 308(1 à 9)

Transcendance (2)

Transcendance (Recherche d’une notion d’être qui fonde la)

308(28 à 38) + 309(1 à 9)

Transcendance (2)

Vérité (Etre en)

283(29 à 38) + 284(1 à 21)

Autrui

Virginité (L’Aimée se tient dans la)

289(11 à 29)

Eros (L’) (1)

Volupté

290(30 à 38) + 291(1 à 12)

Eros (L’) (1)

Volupté (Transfiguration du sujet par la)

302(22 à 34) + 303(1 à 11)

Eros (L’) (2)

 

Synthèse d’ AU-DELA du VISAGE

Dans la dernière conclusion intitulée « L’être comme bonté ─ le Moi ─ le pluralisme ─ la Paix » , le philosophe a fait une synthèse de ses derniers développements, en replaçant le moi dans le « temps infini de sa fécondité », thème majeur de cette Section IV :

« La paix doit être ma paix, dans une relation qui part d’un moi et va vers l’Autre, dans le désir et la bonté où le moi, à la fois se maintient et existe sans égoïsme. Elle se conçoit à partir d’un moi assuré de la convergence entre la moralité et la réalité, c’est-à-dire d’un temps infini qui, à travers la fécondité, est son temps. Devant le jugement où s’énonce la vérité, il restera moi personnel et ce jugement viendra d’en dehors de lui, sans venir d’une raison impersonnelle qui ruse avec les personnes et se prononce en leur absence.

La situation où le moi se pose ainsi devant la vérité plaçant sa moralité subjective dans le temps infini de sa fécondité ─ situation où se trouvent réunis l’instant de l’érotisme et l’infini de la paternité ─ se concrétise dans la merveille de la famille. Elle ne résulte pas seulement d’un aménagement raisonnable de l’anima- lité, elle ne marque pas simplement une étape vers l’universalité anonyme de l’Etat. Elle s’identifie en dehors de l’Etat, même si l’Etat lui réserve un cadre. Source du temps humain, elle permet à la subjectivité de se placer sous un jugement tout en conservant la parole. Structure métaphysiquement inéluctable que l’Etat ne saurait mettre en congé avec Platon ni faire exister, comme Hegel, en vue de sa propre disparition. La structure biologique de la fécondité ne se borne pas au fait biologique. Dans le fait biologique de la fécondité, se dessinent les linéaments de la fécondité en général, comme relation d’homme à homme et du Moi avec soi, ne ressemblant pas aux structures constitutives de l’Etat, linéaments d’une réalité qui ne se subordonne pas à l’Etat comme un moyen, qui n’en représente pas davantage un modèle réduit. »

 

Prolongements de TOTALITÉ ET INFINI

Cette œuvre eut une suite dont les circonstances ont été rappelées par Salomon Malka dans la biographie d’Emmanuel Lévinas qu’il nous a proposée en octobre 2002 :

« En 1964, parut dans La Revue de métaphysique et de morale un texte de Jacques Derrida ─ qui sera repris plus tard dans L’Ecriture et la différence ─ intitulé : ‘Violence et métaphysique, essai sur la pensée de Lévinas’. Fine, serrée, rigoureuse, ce fut la première étude sur Totalité et Infini, la première grande lecture critique aussi de l’ouvrage majeur du philosophe. L’auteur passait au crible, en d’amples développements, toutes les articulations de la pensée, et saluait, en termes élogieux, la nouveauté, l’audace, le style. Dans le même temps, disséquant le concept d’altérité, il pointait la faille. A ses yeux, l’idée d’altérité irréductible, absolue, d’autrui, faisait problème. L’autre ne serait pas ce qu’il est, le prochain, l’étranger, s’il n’était pas alter ego, s’il n’était pas aussi un moi. La critique était technique ─ Derrida convoquant Husserl contre son propre disciple ─ mais elle touchait au cœur du projet.

Lévinas a beau n’avoir jamais, ni en privé, ni en public, confessé avoir été marqué par la critique de Derrida, l’empreinte est visible, au moins dans la forme. Il y a eu deux Lévinas, celui de Totalité et Infini en 1961, et celui d’Autrement qu’être en 1973. Les deux livres se situent dans le prolongement l’un de l’autre, et pourtant des thèmes sont abandonnés ou sont moins présents : la féminité, la maternité, l’éros, le même, la totalité…D’autres apparaissent : le prochain, la substitution, la persécution, l’énigme…

Derrida a lui-même posé un jour la question à Lévinas : ‘Que vous est-il arrivé entre ces deux livres ? Qu’y a-t-il eu dans votre vie ?’ Et il a obtenu cette réponse, sur laquelle il continue de s’inter- roger : ‘Il y a que je suis devenu bon !’

Certes, on ne peut réduire Autrement qu’être à ce débat avec Derrida. L’œuvre est née de sa propre intuition. Elle plonge ses racines très profondes dans la vie, dans l’expérience et dans la pensée d’Emmanuel Lévinas. Lui-même, quand on lui posait la question, disait qu’il n’arrivait pas à savoir comment il était arrivé à l’écrire.

Il reste qu’entre ces deux hommes, entre ces deux œuvres, il y a eu ce dialogue, même implicite. Qui s’est doublé d’une amitié partagée. Et qui s’est achevé, au-delà de la mort, par ce texte d’adieu, le discours des obsèques, où Derrida rend grâce à ‘celui dont la pensée, l ‘amitié, la confiance, la bonté auront été pour moi, comme pour tant d’autres, une source vivante, si vivante, si constante, que je n’arrive pas à penser ce qui lui arrive ou ce qui m’arrive aujourd’hui, à savoir l’interruption, une certaine non-réponse dans une réponse, qui n’en finira jamais pour moi, tant que je vivrai’. »



[1] Cette vie à laquelle l’homme accéderait, en s’échappant d’ici jusqu’aux instants privilégiés de l’élévation liturgique, mystique, ou en mourant.
[2] Ce saisissement de l’être quand tout « autre » (cas de guerre), englobé dans le Même s’évanouirait au terme de l’histoire.
[3] La plupart du temps on s’en tient à quelques catégories formelles dont le contenu ne serait que « psychologie ».
[4] La notion de l’âme, d’un intérieur enveloppé, est constitutive de l’existence du monde.
[5] Vous pouvez y classer la drogue.
[6] Des évènements qui tranchent sur le monde, comme la rencontre d’autrui, peuvent y être englobés par le processus de la civilisation au moyen de laquelle tout et tous sont donnés : rien n’est équivoque.
[7] « Charbonnier est maître chez soi ! »
[8] Serrer la main à un ami, c’est lui dire son amitié, mais la lui dire comme quelque chose d’inexprimable, plus encore, comme quelque chose d’inaccompli, comme un désir permanent. La positivité même de l’amour est dans sa négativité. Le buisson qui alimente la flamme ne se consume pas. Le trouble que l’on éprouve devant l’être aimé ne précède pas seulement la possession, mais se retrouve dans la possession elle-même. La volupté est la poursuite d’une promesse toujours plus riche ; elle est faite d’un accroissement de faim et qui se dégage de tout être. Il n’y a pas de but, pas de terme entrevu. La « satisfaction » n’est pas dans un séjour dans l’au-delà, mais retour à soi, dans un monde univoque et présent.
[9] Du grec epiphaneia : apparition.


Date de création : 07/12/2006 @ 18:43
Dernière modification : 07/12/2006 @ 18:48
Catégorie : Parcours lévinassien
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Réactions à cet article


Réaction n°1 

par monorictus le 15/03/2007 @ 08:57

très utile, même indispensable pour quelqu'un qui a ouvert son premier livre de philo en philo, dans le dernier tiers du siècle dernier, et le second, le temps et l'autre, de levinas,  la cinquième année du troisième millénaire...

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