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Parcours psychophysique - La tradition et la vérité




LA TRADITION ET LA VÉRITÉ

Sont relevées 9 pensées directrices dont 8 en provenance du physicien

(DB) Il semble que notre tradition veuille que la pensée soit toujours présente, sans jamais s’interrompre. En fait, toutes les traditions exigent impérativement que la pensée ne s’arrête jamais.
(184)
– Bien sûr, c'est tout à fait vrai, toutes les traditions se résument à cela.
– Les enfants sont élevés dans une tradition ; lorsqu'ils la suivent, tout le monde les en félicite, on leur dit : « C'est bien ! » etc. Toute tradition est liée à ce sentiment d'appartenance à la famille et à la communauté, liée aussi à ce désir d'être approuvé non seulement parce que vous faites ce qu'on vous dit de faire, ce que vous êtes censé faire, mais parce que vous croyez à ce en quoi vous êtes censé croire, que vous croyez en ce qui est réel. Cette tradition suppose d'être persuadé que notre consensus quant à la nature du réel est valide – de croire que ce n'est pas nous qui créons notre réalité. Mais si vous dites que nous allons parler à ce niveau profond...
– ... c'est en contradiction avec tout cela.
– Et l'effet s'en fait sentir de manière très subtile.
– N'allons pas si vite : votre parole peut-elle m'atteindre, compte tenu des profondeurs de ses sources? Et cette «autre chose» n'est même pas descriptible, c'est dans un flash de vision que je la vois, que je la perçois soudain - mais puis-je la retenir ?

(D. B.) La plus ancienne tradition de l'humanité fut celle du mystère, vint ensuite la tradition moderne de la rationalité – l'idée de s'affranchir de toute forme de tradition. (185-186)
– Quand vous dites : «Voyez la profusion des traditions ! » vous me demandez en fait si cette libération est possible.
– À première vue, cela semble impossible, car on a le sentiment que c'est la culture qui nous offre l'opportunité de réfléchir à ces questions et de les examiner.
– Et elle vous assure la sécurité, la stabilité, une place dans la communauté.
– Elle met aussi de l'ordre dans votre esprit, etc. Mais le fait est que tout cela résulte de l'infliction d'un dommage, c'est une sorte de distorsion due à l'altération d'un cerveau endommagé. Tel est à mes yeux l'argument le plus solide.
– Tout cela, vous me l'avez expliqué. Vous avez parlé en toute clarté – de toutes les manières possibles, à grand renfort d'arguments, verbaux et intellectuels. Vivre dans la peur, n'avoir ni de rôle social ni de sécurité – voilà ce qui m'attend si je romps avec la tradition.
– Oui. C'est la vision faussée des choses qui m'incite à croire en tout ce qui rassure.
– En effet. Et vous, vous dites : « Ce que j'ai à dire ne concerne pas ce niveau-là, parce que c'est un cercle vicieux dont on ne sort jamais. » Ce n'est pas du tout à ce niveau-là que vous vous adressez à moi, mais à un tout autre niveau.
– Vous dites qu'il s'agit là d'une fonction propre à la partie du cerveau qui n'est pas condi-tionnée, pas endommagée.

(K.) : Je ne sais pas. Mais il y a une strate profonde à laquelle le cerveau traditionnel, altéré, conditionné n'a pas accès – il y a une profondeur, une dimension sans contact possible avec la pensée.(186-187)
Tout ce que vous avez dit à propos de la tradition, tout cela n'est autre que le fruit de la pensée, alors que cette chose dont nous parlons est vierge de tout contact avec le processus du temps. Cette chose, vous m'en avez parlé, vous me l'avez montrée, et si, à partir de là, une action se déclenche, le cerveau ne subira jamais plus le moindre dommage. Il se pourrait que vos paroles, ayant touché en moi cette corde profonde, aient totalement guéri le cerveau.
– Effectivement, vous avez parlé, lors de notre dernier entretien, d'une action directe sur la matière même du cerveau.
– Je crois que nous tenons là une piste valable.
– Mais est-ce l'unique voie ? Et cette voie dépend-elle de la présence d'un être dont le cer-veau n'est pas conditionné, et qui peut s'adresser à moi du fond de cette immensité ?
– Naturellement, si vous êtes sain, vous pouvez vous adresser à moi.
– Mais si tous les êtres étaient conditionnés, ils n'auraient donc aucune issue?
– Absolument. Comment réparer de tels dégâts ?
– Dire une chose pareille, c'est aller à rencontre des traditions modernes, et même à l'encontre de certains de vos propos, selon lesquels nous devons observer, découvrir - et trouver une issue. Si notre cerveau était intact, il en serait évidemment capable, mais, ne l'étant pas, cela lui est impossible.
– Mais vous vous rendez compte qu'il en est incapable en conséquence de quoi vous cessez d'agir.
– Celui dont le cerveau est resté intact, c'est vous, et c'est vous qui vous êtes adressé à nous des profondeurs de cette autre dimension.
– Oui, mais - attendez un instant. Je réalise, grâce à vos causeries ou à la lecture de vos livres – peu importe par quel moyen – que tout cerveau endommagé, quoi qu'il fasse, reste toujours enfermé dans cette sphère étroite.

(D. B.) Ce cerveau altéré a tendance à tirer des conclusions hâtives et à les faire passer pour des faits avérés. (188-189)
– Et je réalise donc à quel point ce cerveau endommagé nous joue des tours.
– L'un d'eux consistant soit à prétendre qu'il n'y a rien à faire, soit à dire : «Je vais continuer à réfléchir au problème. »
– Oui, c'est tout à fait cela. Je ne sais si vous avez regardé la télévision, hier soir. Il y avait un jeune homme qui chantait des chansons folks, et des milliers de spectateurs en train de l'écouter. Il s'agit là d'une tout autre voie que celle de la science.
– Vous voulez dire que c'était un exemple de plus des efforts que fait le cerveau afin de se guérir par des voies erronées ?
– C'est une fuite en avant du cerveau malade : il ne peut rien faire ni sur le plan social, moral ou scientifique, ni sur le plan artistique, mais il peut au moins aller écouter ce genre d'inepties. Bien sûr, s'il est totalement détérioré, il ne peut plus rien faire du tout.
– La question mérite d'être examinée de près. Si des dégâts d'ordre physique ont été occasionnés, ils sont peut-être à jamais irréversibles - nous n'en savons rien.
– Si le cerveau est irréversiblement endommagé, il n'y a plus rien à faire, on est bon pour l'asile. Mais nous parlons d'un cerveau n'ayant pas subi de trop gros dommages.
– Dans ce cas, il est impossible de dire s'ils sont réparables ou non.
– Attendez... Vous expliquez la situation, et vous précisez que quels que soient les actes effectués par ce cerveau endommagé – actes qui résultent de la pensée, de la tradition, etc. –, ceux-ci ne feront qu'aggraver les dégâts. Et, parce que vous mettez les faits en évidence, j'en prends conscience. La première nécessité est là: il faut prendre conscience des faits. Ensuite, une fois que j'ai saisi, vous me parlez, et vous me touchez à un niveau si insondable que la pensée n'a jamais pu atteindre de telles profondeurs.
– Ma question est celle-ci : ce flash de vision m'ayant permis de pénétrer l'insondable, pourquoi retomberais-je de nouveau dans les vieilles ornières ? Si vous m'avez fait découvrir l'insondable, grâce à ce flash de lucidité, et si cet insondable me devient perceptible, puis-je jamais retourner à la situation antérieure ? Vos paroles ne vont-elles pas provoquer en moi un immense choc, une énorme secousse ?

(D. B.) Le cerveau peut s'habituer à des chocs ou à des secousses de toutes sortes. (189-190)
– Il faut donc que les structures de la pensée n'aient plus de secret pour moi. Faute de quoi l'insondable, l'infini, se transformerait en habitude. Mais parce que je suis sérieusement, profondément motivé, et parce que vous m'avez fait toucher du doigt tous les rouages de la pensée, la pensée se tait. Et ce sentiment d'infini ne peut en aucun cas sombrer dans l'habitude. Car si cet infini sombre dans l'habitude, nous retombons dans le plaisir, la tradition, la peur d'être dépossédé, etc. Cet infini réside-t-il au sein de la conscience?
– Vous avez mentionné précédemment l'existence d'un autre type de conscience.
– C'est juste. L'infini est absent de la conscience ordinaire. Absent de la sphère de la pensée. La pensée ne peut le capturer.
– Diriez-vous qu'il existe un autre type de conscience, qui fait pourtant toujours partie des fonctions du cerveau? Voulez-vous dire que celle-ci agit au sein du cerveau ?
– Pas si, lorsque vous parlez du «cerveau», vous voulez dire que c'est le résultat du temps, l'aboutissement de l'évolution, etc.
– Qu'il soit ou non le résultat du temps, je l'ignore. Si vous dites que la nature est en perpétuel changement, en perpétuel devenir, en perpétuelle croissance, ne peut-on dire alors que la création existe aussi dans la nature? Diriez-vous de la nature qu'elle est le résultat du temps ?
– Oui et non – les deux sont vrais, assurément.
– C'est cette question-là que nous essayons de cerner. Et la réponse à cette question est peut-être la solution au problème du cerveau, car il a évolué de la même manière que le reste de la nature.
– Oui. Mais se pourrait-il qu'il ait été cultivé avec un soin particulièrement jaloux?
– Si l'on considère l'évolution de toutes sortes de plantes et d'animaux, en un sens, cette évolution s'inscrit, semble-t-il, dans le temps.
– Oui, il lui a fallu du temps, à ce qu'il paraît.

(D. B.) Je ne suis pas sûr que vous soyez tout à fait d'accord là-dessus, car vous dites à la fois que le temps compte et qu'il ne compte pas. (191-192)
– Je me pose simplement la question. Je suppose que le temps compte en un certain sens – ne croyez-vous pas? Le cerveau ne serait donc pas seulement le résultat conjoint de la culture et du temps, mais y aurait-il aussi en lui autre chose, une partie qui ne serait pas liée au temps ?
– C'est là où nous voulons en venir: il existe en effet une structure cérébrale qui a évolué au cours du temps, mais il se peut que cette structure dépasse les limites de la pensée. Et qu'elle englobe, par exemple, l'attention et la conscience claire.
– Je vois ce que vous voulez dire. Vous dites, en somme : « Le cerveau évolue dans le cadre du temps, et ce temps-là inclut l'attention, la conscience claire. »
– Cela va au-delà de la pensée, au-delà de la culture - ce n'est pas la pensée.
– On reste toujours dans ce plan du temps.
– Disons en tout cas que tout cerveau capable d'attention a eu besoin de temps pour évoluer.
– Oui, mais existe-t-il une attention qui ne soit pas de l'ordre du temps ?
– C'est toute la question : existe-t-elle, cette attention?
– L'attention proprement dite n'est peut-être pas liée au temps.
– L'attention en elle-même ne dépend pas du temps.
– En revanche, l'aptitude, à l'attention, la structure cérébrale qui est capable d'attention dépen-dent bien du temps.
– Oui, la capacité d'attention est liée au temps – pas l'attention elle-même.
– Mais elle peut se manifester au sein du cerveau bien que n'étant pas tributaire du temps.
– Voilà – oui, l'attention proprement dite échappe à toute notion de temps, mais la capacité d'attention peut être liée au temps.

(D. B.) Oui, elle est liée à la croissance, à la culture; vous avez également dit qu'avec l'âge le cerveau gagnait en maturité, que ses aptitudes s'amélioraient, en quelque sorte. Le temps semble jouer un rôle dans tout cela. En somme, le temps serait à l'origine de l'éclosion d'une certaine aptitude. (192-193)
– Qui dit capacité dit temps.
– Mais, au sein même de cette aptitude, il peut surgir un événement qui ne soit pas de l'ordre du temps. D'une certaine façon, c'est un enjeu de croissance : un enfant n'a pas les mêmes capacités qu'un adulte.
– C'est ce qui nous fait dire que la croissance est synonyme de temps : le temps lui est indispensable, mais l'attention, elle, ne dépend pas du temps.
– De même que la vérité, la compassion.
– Oui. Le temps ne les concerne pas.
– Et cette compassion – ou cette vérité – peut agir sur la structure matérielle du cerveau, de sorte qu'il subit une modification physique - sa durée de vie, son comportement eux-mêmes ne sont plus les mêmes, quelque chose de nouveau s'immisce dans le temps.
– Exactement.
– Pouvons-nous préciser les choses en ce qui concerne la création ? Car créer veut dire littéralement faire croître, et vous avez dit que perception et création ne faisaient qu'un.
– Certes. La perception engendrerait donc la croissance ?
– À votre avis ?
– Non.

(D. B.) Créativité et perception sont synonymes, mais nous devons clarifier ce que cela veut dire, car, d'ordinaire, ce qu'on entend par «création» est ce qui est à l'origine de toute forme de croissance ou d'épanouissement. (193-194 )
En quel sens l'homme est-il créatif ? Disons que Beethoven a eu des intuitions fulgurantes qui ont donné naissance à une nouvelle musique : en ce sens il a favorisé 1'éclosion d'une nouvelle musique. Mais j'aimerais être plus clair encore en ce qui concerne la création.
– En fait, cet infini d'où a jailli la musique, cette dimension de l'infini est étrangère au temps.
– Oui, mais ne pourrait-on dire qu'elle existe même au sein de la nature, cette dimension insondable d'où jaillit une chose qui échappe au temps ? Une explication purement mécanique de la nature reste limitée et n'élucide pas tout. La création de formes nouvelles au sein de la nature peut dépendre aussi de ce qui transcende le temps.
– Peut-être. Mais tout être humain peut se rendre compte par lui-même que la compassion est en dehors du temps, que la vérité est en dehors du temps, et que cette immense source d'où jaillit toute compassion est en dehors du temps. Et donc cette chose n'est pas cultivable.
– Non, et sa croissance ne peut être forcée. Nous disons donc que la source, l'essence de la créativité ignore toute notion de croissance, mais que la créativité peut favoriser certaines éclosions dans des domaines où le temps a cours. Est-ce exact ?
– Oui, c'est tout à fait exact.
– Parce que l'idée que nous avions en tête, c'est que la nouvelle perception devrait normale-ment favoriser l'éclosion d'une nouvelle société, d'un homme nouveau. La créativité, elle, de par son essence même, est incréée et ignore toute croissance.
– Exactement. Mais de l'incréé peuvent naître un homme nouveau, une société nouvelle.

(D. B.) Il naît de cette source un nouveau cerveau, vierge de toute flétrissure. (194-195)
– Mais revenons à notre question. J'ai la vision fulgurante de cette vérité profonde, mais, au bout d'un certain temps, cette vision m'échappe : pourquoi ? Ou peut-être au contraire ne l'ai-je pas du tout perdue, mais elle devient creuse, vide, parce que toute ma tradition me souffle : « Il faut t'y accrocher, fais-en une habitude. » Tout cela est tellement subtil !
– Oui, la tradition me dit : « Fais-en une tradition de plus. »
– Exactement. Or ce qu'il faut, c'est mourir à tout ce que la pensée a élaboré sous couvert de création, de tradition. Votre parole, elle, jaillit de ces profondeurs infinies, et je vous écoute, et vous m'expliquez tous les mouvements de la pensée qui forment le temps. Cela, je le comprends très aisément. Et vous dites : «La pensée, le temps doivent prendre fin, sinon, l'infiniment profond n'est point. » Cet infini, j'en ai si soif que je me lance dans une pratique – avec toutes les stupidités qui s'ensuivent. Mais si je vous écoute, et si je perçois vraiment non pas la rationalité, mais la vérité de vos propos – la vérité étant la perception totale de ce que vous dites –, je ne peux le faire qu'en allant à contre-courant du poids des traditions, à contre-courant de tout ce qui nous dit : « Surtout ne faites pas cela. »

LA CRÉATIVITÉ EST INCRÉÉE ET IGNORE TOUTE CROISSANCE. IL NAÎT DE CETTE SOURCE UN CERVEAU NOUVEAU, VIERGE DE TOUTE FLÉTRISSURE
(DB)



Date de création : 23/02/2013 @ 16:44
Dernière modification : 23/02/2013 @ 17:11
Catégorie : Parcours psychophysique
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